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GVS, SA VIE ET SES FILMS

1952 – 1970: Des voyages et des films

Gus Van Sant est né en 1952 dans le Kentucky (Louisville, USA), mais assez vite, il se retrouve à circuler à travers le pays, sur les routes (son père est représentant de commerce), nombre de ses films professionnels seront d'ailleurs sillonnés de routes et de traversées dans les paysages des Etats-Unis. Cette vie de bohême, pour ainsi dire, n’empêche pas le petit Gus de se passionner pour la peinture puis pour la pellicule, il manie tout jeune et avec bonheur une caméra Super 8 et réalise des petits courts-métrages artisanaux. Lorsqu’il intègre la Rhode Island School of Design en 1970, il découvre le cinéma d’avant-garde et des cinéastes tels que Stan Brakhage et Jonas Mekas. Une vocation est née.

1976 – 1985: Premiers films, premiers écarts

Après quelques voyages en Europe, Gus Van Sant est employé en 1976 à Los Angeles en qualité d’assistant de production (il évoquera l’âpreté du travail à Hollywood dans un moyen métrage professionnel initulé Alice in Hollywood, 1981). En 1983, il enregistre un album de musique 18 Songs About Golf (qui ne paraîtra qu’en 1998). Mais plus le temps passe, plus Gus Van Sant se sent mal à l’aise dans le monde aseptisé d’Hollywood. Il se rapproche de plus en plus des marginaux et minorités des USA. Ce sera d’ailleurs un des sujets-clé de son premier long métrage de cinéma: Mala Noche (1985).

1985 – 1995: Identité d’indépendance

Gus Van Sant commence à être reconnu et s’installe définitivement à Portland. Son amitié artistique avec William S. Burrough prend forme. Il tourne Drugstore Cowboy (1989), portrait de jeunes toxicomanes (dont Matt Dillon) qui lui vaut à nouveau une reconnaissance notable dans les milieux indépendants. Son film suivant, probablement le plus personnel à ce jour, My own private Idaho (1991) est, sinon un avant-goût de Gerry (2002), poétique, psychédélique et shakespearien périple de deux jeunes rebelles (Keanu Reeves et River Phoenix), dont la chevelure se mêle inextricablement aux herbes folles de l'Idaho.

Even Cowgirls get the blues (1994), avec Umma Thurman ou encore John Hurt, est le prolongement singulier du désir (délire) iconoclaste de Gus Van Sant qui met en scène ici une sorte de version personnelle de La Cité des Femmes. Mais l'audace de Gus Van Sant le mène aussi à s’engager parallèlement dans le « System » en réalisant de nombreux clips musicaux. Avec To Die For (Prête à tout, 1995), qui révèle Nicole Kidman dans un rôle coloré et cruel, Gus Van Sant cherche plus que jamais à se rapprocher d’Hollywood sans renier son attachement personnel à une jeunesse troublée, troublante et souvent délaissée.

1997 – 2005: Recherches d’autres identités

En 1997, sort Pink, le roman écrit par Gus Van Sant sur les coulisses gay du show business. Un an plus tard, Good Will Hunting lui vaut une nomination aux Oscars comme meilleur réalisateur. Il réalise dès lors un pari propre à Hollywood ou propre au cinéma expérimental : réaliser un remake de Psycho d’Alfred Hitchcock « plan pour plan » mais… en couleur. Un travestissement, un embaumement, loin d'être inintéressant. Une entreprise que le réalisateur souhaite par ailleurs renouveler, évoquant son envie de réaliser un remake de son propre remake de Psycho.

Gus Van Sant n’en finit plus d’expérimenter, et ce même au sein du prétendu classique Finding Forrester (A la Rencontre de Forrester, 2000) avec Sean Connery. Période hollywoodienne de courte durée puisque le cinéaste décide de « revenir » vers un cinéma plus libre et libéré, il signe coup sur coup Gerry (2002) et Elephant (2003) et ouvre une nouvelle période audio-visuelle et iconoclaste dans sa carrière avec, toujours au cœur, les déambulations d’une jeunesse déracinée ou par trop enracinée. Avec Last Days (2005), le retour de Gus Van Sant à la nature et à la solitude se prolonge et engage une nouvelle variation dans la palette de l'auteur.

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