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Désir et pulsion de mort
Analyse psychanalytique
«Je frémis en me rappelant une
tradition bien connue en Allemagne, qui dit que chaque homme à
un double et que, lorsqu'il le voit, la mort est proche.»
-G. de Nerval, Aurélia
Adapté du roman fantastique Dracula, de
Bram Stocker, NOSFERATU [1922] (1), du génie cinéaste
Friedrich-Wilhelm Murnau [1889-1931], constitue une date dans l'évolution
de l'expressionnisme allemand, un courant cinématographique
tenant son héritage de autant de l'expressionnisme pictural
que du théâtre de Max Reinhardt et qui marquera au
fer rouge l'histoire du cinéma tel qu'on le connaît.
Mais oublions un instant l'esthétique du
film pour porter notre regard au-delà du celluloïde
et de sa projection sur écran. Se refusant au positivisme
et aux conventions objectives, l'expressionnisme abonde vers le
positionnement subjectif du regard de l'artiste, n'essayant pas
de cacher l'irréalité empirique de sa représentation
du monde. L'univers expressionniste se veut en fait un univers délibérément
fabriqué, extériorisant ou projetant les tourments
subjectifs ou inconscients de ses personnages, chacun imprégné
de la présence de l'autre et de la matière qui l'entoure.
Bref, il s'agit d'un monde admettant que ses conventions ne soient
bâties que sur du sable. L'expressionnisme se veut donc l'illustration
personnelle de ce qui est englouti, de ce qui constitue la partie
submergée de l'iceberg: l'inconscient et l'intériorité.
D'où l'intérêt d'analyser l'oeuvre de Murnau
sous une symbolique psychanalytique, telle que permise par l'étude
des théories de Freud.
NOSFERATU: «Ce mot ne sonne-t-il pas à
tes oreilles comme le cri d'un oiseau de mort à minuit. Garde-toi
de le prononcer, sinon les images de la vie pâliront et deviendront
des ombres, de ton coeur monteront des songes fantomatiques qui
se nourriront de ton sang (2)». C'est ce jeu se situant entre
le rêve et la réalité, entre le double et son
créateur, entre le désir et la pulsion de mort, qui
fascinera Murnau tout au long de cette aventure. C'est en jouant
avec l'Oedipe et les instances de la conscience et de l'inconscience,
là où les désirs refoulés deviennent
objets de mort, que le spectateur impassible pourra affronter, comprendre
et vivre le point de choc direct entre l'«Éros»
et le «Thanatos» de cette «Symphonie de l'horreur».
Anatomie du désir selon Freud et
ses successeurs
Le complexe d'Oedipe et les trois instances de la personnalité
sont les pivots centraux des théories psychanalytique. L'Oedipe,
que nous résumerons ici grossièrement, se résume
par le fait que l'enfant mâle vieillissant, entrant dans l'univers
symbolique (voir les théories de Lacan), s'aperçoit
graduellement qu'il ne constitue pas l'objet exclusif du désir
de la mère (le phallus) puisque le père entre alors
en ligne de compte comme possesseur du phallus, que l'enfant associe
au pénis. Un sentiment hostile naît alors inévitablement
envers le père, l'enfant se plaçant en situation de
compétition avec ce dernier. De peur de se voir dépourvu
de son propre pénis (tout comme la mère, symbolisant,
dans l'inconscient patriarcal, «l'absence» du phallus),
l'enfant perd alors contact avec le corps féminin, qui fait
émerger dans son inconscient l'angoisse de la castration,
afin de s'identifier au père (le possesseur du phallus).
Il entre alors dans l'univers symbolique et dans l'inconscient de
la société patriarcale dominante, intériorisant
la ségrégation sexuelle binaire classique entre féminité
et masculinité. En découle l'importance de l'étude
des trois niveaux de la personnalité, du conscient jusqu'à
l'inconscient; du Ça au Surmoi (3).
La personnalité, selon Freud, se développe
grâce à la souffrance alors que le principe de plaisir,
siégeant dans le Ça (l'inconscient), servira à
pallier aux tensions que connaît l'individu; à les
loger le plus loin possible dans l'inconscient de sorte que l'individu
ne puisse les atteindre. Le complexe d'Oedipe fait partie de ces
tensions que l'individu tentera de refouler au plus profond du Ça,
siège des instincts. Mais si l'individu ne peut se limiter
qu'à tenir compte de sa réalité inconsciente
inaccessible, il doit en conséquence prendre connaissance
de la réalité extérieure rattachée au
principe de réalité, siégeant dans le Moi.
Il s'agit de l'instance logique faisant le pont ou le médiateur
entre le rêve, sublimateur des pulsions inconscientes refoulées,
et la réalité. Quant au Surmoi, il ne fera plus la
différence entre la réalité et l'imaginaire,
d'où son statut un peu ambigu. Il sera l'instance morale,
intériorisant les souvenir, mais ayant à éviter
que leur application exagérée ne dérape vers
la phobie, le délire ou l'illégalité. Il est
l'idéal du Moi et la conscience morale, imposant donc châtiments
et récompenses au Moi de façon à pouvoir réguler
ses activités. La maladie sera donc, toujours selon Freud,
une punition du Surmoi, comme le sera l'instinct ou la pulsion de
mort, c'est-à-dire la pulsion autodestructrice logeant en
chacun de nous (4). Ce lien entre l'instinct autodestructeur et
le désir (ou principe de plaisir) occupe d'ailleurs une position
centrale dans l'oeuvre de Murnau, tout comme celle du peintre expressionniste
Edvard Munch qui créa au sein de ses toiles, une trentaine
d'années plus tôt, une même symbiose entre la
sexualité, l'angoisse et la mort, «entre les forces
de conservation et de destruction (5)» qui délimiteront
l'espace narratif et fantasmatique de NOSFERATU.
NOSFERATU: quelques éléments
stylistiques
Là où le cinéma expressionniste fit détonner
l'esprit de ses héros sur des décors tordus et déformés
entièrement construits en studio (voir l'exemple archétypique
du CABINET DU DR CALIGARI [1919], de Robert Wiene), Murnau agira
en révolutionnaire, filmant des matériaux et décors
réels qui projetteront leurs formes sur les héros
et sur leur inconscient torturé. D'où l'importance
du thème de la nature dans NOSFERATU, alors que les animaux
connoteront l'aspect maléfique de la nature (l'hyène
accompagnant la tombée de la nuit et les rats le passage
du vampire), face au monde végétal qui servira de
repoussoir, les deux coexistant en une composition dialectique.
Mais un thème encore plus important sera celui de l'ombre,
soit le double humain, thème cher à la peinture expressionniste
et qui deviendra particulièrement angoissant chez Munch.
D'ailleurs, NOSFERATU ne pourrait-il pas être, d'une certaine
façon, une variante du Cri [1893] de Munch (6), cette icône
de l'angoisse et de la paranoïa à l'état pur;
une sorte de hurlement muet dans un monde apocalyptique.
Le double
Le double romantique, moderne, ramène la mort: il a totalement
perdu sa vertu primitive. Il est devenu le symbole même de
l'angoisse de mourir (7)». Ce qui n'est pas sans rappeler
Le Horla de Maupassant, mais aussi le NOSFERATU de Murnau. Je soulève
donc l'hypothèse selon laquelle Hutter (8) trouverait en
Nosferatu le vampire son double démoniaque, son côté
sombre et désinhibé, symbole du fantasme et du désir
qu'il fera émerger à sa conscience lors d'un voyage
initiatique dans la Terre des fantômes (dans son inconscient).
Le personnage de Hutter représente ici le côté
diurne, soit les inhibitions et l'impuissance fournies par les normes
apprises et imposées par le Surmoi. Quant à Nosferatu,
on l'aura deviné, il servira la contrepartie nocturne et
sexué (le Ça), affichant les désirs primaires
enfouis dans l'inconscient et que le héros (Hutter) viendra
faire émerger à la conscience. La composition esthétique
du personnage de Nosferatu, par son insistance sur le contraste
noir-blanc, illustre d'ailleurs bien la dualité du personnage,
sa double identité.
La quête du double: le voyage dans
l'inconscient
Les premiers instants du récit respireront le bonheur moral
et naïf, presque illusoire, de Hutter et Ellen. Les plans seront
composés en un romantisme «eau-de-rose» où
Hutter cueille des fleurs (repoussoir du monde végétal)
et où il sera convié à aller rencontrer le
comte Orlok, désirant acquérir des propriétés
dans Viborg. De là commence le premier voyage, celui de Hutter
partant de son monde d'illusion, du Surmoi refoulant ses désirs
irrationnels, en direction de son inconscient, soit le monde des
fantômes (le passé refoulé) où il rencontrera
son double, siège de ses pulsions refoulées. Le plan
de la traversée du pont sera donc primordial puisque Hutter
y franchit symboliquement la «mince ligne rouge» entre
la conscience et l'inconscience, entre le Moi conscient qu'il connaît
alors et celui qu'il découvrira au plus profond du château
du vampire. Le découpage insiste d'ailleurs sur ce lien alors
qu'au plan montrant la traversée du pont sera juxtaposé
un carton-intertitre insistant sur l'aspect fantomatique des lieux,
pour enfin aboutir à un plan général du château,
confirmant le lien existant entre le passage d'un monde à
l'autre et l'importance du château comme siège de l'inconscient
et comme contenant des passions passées et refoulées
(le drame Oedipien). Le plan 133 du découpage, développé
en négatif, montre d'ailleurs l'immatérialité
de ce monde dans lequel vient d'entrer Hutter, mais dénote
aussi l'inversion des pôles de conscience.
L'arrivée dans le château sera encore
plus révélatrice de l'importance que joue ce motif
architectural lorsque Orlok-Nosferatu sort de l'ombre sous une immense
voûte sombre, figure archétypique de l'expressionnisme
de Kandinsky, pour ensuite retourner à l'intrieur, cette
fois accompagné de Hutter, son double inhibé. La figure
de la voûte sera d'ailleurs déterminante tout au long
du film, dénotant les principales étapes du récit
et les passages d'un état de conscience à un autre
(notons ce plan où Nosferatu arrive à Viborg sous
une immense voûte). Mais la véritable rencontre se
fera lorsque Orlok, dépouillé de sa coiffe, se présente
sous son vrai jour, n'étant plus le couple Orlok-Nosferatu,
mais Nosferatu-Hutter, assouvissant sa soif sur Hutter (son double
inhibé) et signant du même coup le pacte les unissant.
Le point marquant de ce voyage dans l'inconscient
sera donc la descente dans la crypte, dans ces lieux insondables
de l'inconscient, lorsque Hutter, cadré sous une porte en
voûte, descend dans les profondeurs du château (sous
une autre porte voûtée) pour découvrir l'état
vampirique de son hôte. Effrayé par cette vision de
son propre inconscient (son double), il tente de le fuir (ou le
refouler) naïvement par une mince fenêtre du château
afin de retourner dans le monde du conscient, vers les lieux de
son Moi inhibé des pulsions et désirs du Ça.
Il ne pourra toutefois pas échapper au vampire puisque poursuivi
par celui-ci, son voyage de retour étant double puisque ramenant
avec lui son inconscient maintenant dévoilé. L'enjeu
sera alors le désir envers la femme (Ellen), la mère
oedipienne, convoitée autant par la face sexuée (Nosferatu)
du héros que par sa face en fuite (Hutter en processus de
refoulement). NOSFERATU, c'est donc la révélation
du Moi sexuel et agressif et, du même coup, de la peur et
de la mort; la révélation du moment où, affrontant
son double, l'homme est confronté à son propre destin
et à sa finalité.
Éros et Thanatos: désir et
pulsion de mort
Le couple désir/exaltation, annihilé par le couple
interdit/répression, ramène à une déviance
du destin, à un refus de soi, dont les conséquences
seront inévitablement fatales (9). L'érotisme, chez
Murnau, sera donc connoté négativement puisque construit
autour d'une répulsion, d'une aliénation ou d'un refoulement,
tous inscrits en symbiose avec l'instinct de mort. C'est «Éros»
(l'amour) et «Thanatos» (la mort) dans leur plus pure
représentation. La pulsion de mort vient donc s'opposer au
désir, imposant encore une fois la comparaison entre le film
de Murnau et l'oeuvre de Munch où le vampirisme sert entre
autres à illustrer cette opposition entre le désir
et la mort venant se joindre.
Munch, dans La danse de la vie [1899/1900] (10),
illustrera avec inquiétude ce cheminement du désir
à la mort, passant par l'éveil de l'amour, l'épanouissement
et le déclin de l'amour, l'angoisse de vivre, puis enfin
la mort. C'est l'apparition définitive de l'association entre
la sexualité et l'angoisse. Munch en dira:
«Cette pause par laquelle le monde arrête
sa course;
Ton visage contient toute la beauté du royaume terrestre;
Tes lèvres rouge carmin comme le fruit à venir;
S'entrouvrent comme dans la douleur;
Le sourire d'une dépouille;
Maintenant la vie tend la main à la mort;
La chaîne s'établit, qui relie entre eux les milliers
de races
mortes avec les milliers de celles qui viendront» (11) .
Munch désamorce ainsi l'opposition existant
entre les forces de conservation et de destruction. Dans NOSFERATU,
ce jeu de désir trouvera bataille entre Nosferatu et Hutter
«représentant alors les deux faces complémentaires
du héros romantique, sa face diurne, morale et asexuée,
et sa face nocturne, maléfique et primaire: le désir
et la pulsion de mort tels que Freud les définit alors»
(12). La séquence de somnambulisme d'Ellen illustre d'ailleurs
magnifiquement cet état de chose, alors qu'elle marche symboliquement
entre la vie et la mort sur une balustrade, séquence montée
en parallèle à l'ombre de Nosferatu, venant étancher
son désir sur la figure même de son double moral qui
est alors dominé par sa face nocturne. Ellen se réveille
alors et crie au secours de Hutter. Nosferatu l'entend et retourne
dans sa crypte, alors que la seule chose le séparant maintenant
de l'objet de son désir (la femme-mère) est la distance,
que le double voyage de Hutter-Nosferatu viendra combler. Hutter
se réveille, reprend «conscience» et plonge dans
l'inconscient de la crypte pour y découvrir ses peurs alors
que l'instinct de mort s'oppose à ses désirs naissant.
Il décidera alors de fuir vers son idéal moral idyllique,
comme nous l'avons vu plus tôt.
Pour résumer, nous pourrions maintenant
affirmer que le héros, dans le film de Murnau, est au départ
Hutter, qui viendra ensuite se fondre en Nosferatu, les deux personnages
ne faisant alors plus qu'un. L'enjeu du débat sera Ellen,
représentante du désir refoulé que la face
sombre du héros Hutter-Nosferatu cherchera à réinscrire
en tentant de sublimer l'interdit sexuel qui la frappe. La mère
accueille donc chacun, soit 1) par l'appel qu'elle envoie à
Hutter en rêve (tel que décrit plus haut), soit 2)
par le «Ich liebe dich» qu'elle brode, délibérément
destiné à la face nocturne, à Nosferatu. Ce
paradoxe aura d'ailleurs été mis en lumière
précédemment dans le film lorsque Ellen, entourée
de croix funéraires, attend au large de la mer le retour
de Hutter. Voici alors un présage de la victoire du côté
sombre, qui sera par contre supprimé (castré) par
l'objet du désir (Ellen) dans un choc violent entre le désir
et l'instinct de mort. Hutter, la face diurne, s'éclipse
alors pour permettre l'entrée de sa face nocturne dans la
couche de la mère castratrice, jusqu'à ce que le retour
du jour élimine le vampire qui s'efface, à l'image
de l'immatérialité de l'inconscience qu'il pouvait
représenter. Sa perte, inévitable dans la résolution
du conflit oedipien, était d'ailleurs annoncée précédemment
alors que peu avant d'entrer dans la chambre d'Ellen, le vampire
se voyait cloisonné par les barreaux d'une fenêtre
sans verre. Toutefois, le désir-pulsion de Ellen sera également
confrontée à la pulsion de mort, dont la conséquence
sera l'inévitable décès de celle-ci. Sont donc
supprimés pour Hutter à la fois son inconscient qu'il
refuse et refoule, et à la fois l'objet même de son
désir. Se refusant à l'instinct de vie (le désir),
il s'enferme alors dans un inévitable état de névrose,
accablé par le principe de réalité qui prend
le dessus sur l'instinct de vie et sur les pulsions inconscientes,
l'image même du pessimisme de Murnau.
L'imaginaire est donc le seul capable de sublimer
la réalité. C'est en effet par le sommeil (donc le
rêve) que Ellen parvient à supprimer l'espace existant
entre elle et son double amant, de même que c'est de l'imaginaire
déclenché par «Le livre des vampires»
que Hutter parviendra à découvrir la vraie nature
de son double inconscient. Ellen, en tuant l'imaginaire lors de
la dernière séquence, n'aura donc de choix que de
mourir en continuité avec lui. Quant à Hutter, en
refusant ses peurs pour revenir à l'illusion que lui offre
le principe de réalité, il survit mais dans un état
de névrose, là où son désir et son objet
sont supprimés, au prix d'une «castration» incontournable.
Dans le conflit des doubles, la mort de l'un vient
donc signifier la direction du refoulement, soit ici le refoulement
du principe de plaisir et la victoire de la mort sur le désir.
«C'est la découverte de l'homme par lui-même
à travers la mort et l'amour et, c'est sur le mode fantastique,
le premier triangle tragique du cinéma (13)».
Une analyse esthétique préalable
plus approfondie aurait certes pu éclairer davantage notre
propos, notamment sur le motif animalier, symbolique de de la nuit
et des allers et venues du vampire, ainsi que sur le thème
de l'eau, symbole de plénitude mélancolique et symbole
du voyage et de la venue du choc entre Éros et Thanatos.
Notons aussi la composition visuelle ligniforme du vampire, archétype
du personnage expressionniste. Toutefois, la brièveté
de notre propos aura toutefois su démontrer le pessimisme
de la vision de Murnau quant au désir et à la sexualité,
pessimisme qu'il exploitera de façon radicalement différente
dans LE DERNIER DES HOMMES (DER LETZTE MANN), deux ans plus tard.
Certes, la perspective analytique que nous propose
ici la psychanalyse n'est pas parfaite et comporte certainement
certaines lacunes, notamment au niveau de la perspective socio-historique,
ne prenant pas compte de l'importance des différences et
de l'évolution des cultures dans le développement
de la personnalité. La psychanalyse aura toutefois le mérite
d'avoir apporté à la pensée moderne l'étude
de l'art comme forme de compréhension ou d'interprétation
de l'esprit et de la société humaine, alors qu'en
plus d'avoir influencé l'expressionnisme, elle constitua
la base du mouvement surréaliste, l'un des plus féconds
dans l'art du XXème siècle. Elle aura en tout cas
eu le mérite ici d'illustrer le conflit des désirs
dans cette «symphonie de l'horreur», ce «Nosferatu,
tragédie de l'air pur et des vapeurs empestées, du
corps et de l'esprit de Murnau, du conscient et de l'inconscient,
[mais] aussi la tragédie de l'Homme face à la solitude,
face à lui-même(14)».
(1) Ou, sous son titre original complet, Nosferatu,
Eine Symphonie des Grauens («symphonie de l'horreur»),
tel que projeté le 5 mars 1922 au Primus-Palast de Berlin.
(2) 2ème intertitre, (copie B, Allemagne de l'Est)
(3) Jean-Michel Magis, «Le système freudien»,
Introduction à la psychanalyse à l'usage des formateurs,
Évry, Éd. Robert Jauze, p.95-134.
(4) Albert Collette, «Les instances de la personnalité»,
Introduction à la psychologie dynamique. Des théories
psychanalytique à la psychologie moderne. Bruxelles, Éditions
de l'Institut de Sociologie, Université Libre de Bruxelles,
1970, p.61-81.
(5) Ulrich Bischoff, Edvard Munch. Des images de vie et de mort,
Paris, Taschen, 1993, p. 54.
(6) Le cri, de Edvard Munch, peint en 1893. Huile sur toile, 91
X 73,5 cm. Oslo, Galerie Nationale.
(7) Charles Jameux, F.W. Murnau, Paris, Éditions Universitaires,
Coll. « Classiques du cinéma », 1965, p.51.
(8) La copie de NOSFERATU ici utilisée comporte les intertitres
américains ayant réhabilité les noms originaux
des personnages du roman de Bram Stocker. Par souci de fidélité
à l'oeuvre de Murnau, nous utiliserons ici les noms de la
copie originale du film.
(9) Voir à ce sujet: Charles Jameux, op.cit., p. 139 à
142.
(10) Edvard Munch, La danse de la vie [1899/1900], Huile sur toile,
125,5 X 190,5 cm, Oslo, Galerie Nationale.
(11) Ulrich Bischoff, op. cit., p. 43.
(12) Michel Marie, «Nosferatu le vampire» Dictionnaire
mondial des films, Paris, Larousse-Bordas, 1998, p.502
(13) Charles Jameux, op.cit., p.49.
(14) Charles Jameux, op.cit., p.52.
(15) Toutes les illustrations sont tirées du photogramme
complet de NOSFERATU dans:
M. Bouvier et J.-L. Leutrat, Nosferatu, Paris, Cahiers du cinéma
Gallimard, 1981, p.278-433, à l'exception de «Vampire
(1895-1902) de Munch» dans: Thomas M. Messer, Edvard Munch,
New-York, Ars Mundi, 1987, p.39.
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