ANALYSE
2013

M LE MAUDIT
(Fritz Lang, 1931)


Par Lisandro Arpin-Simonetti,
Université de Montréal
(Québec, Canada)

 

M, l’image d’une société maudite; réflexions sur Fritz Lang historien
Pessimisme et prophylaxie dans M le Maudit de Fritz Lang

M le maudit est une réussite quasi totale. Jugement péremptoire teinté d’un parti pris évident et d’un subjectivisme cinéphilique biaisé? Certainement. Il n’en demeure pas moins que le film a su passer l’épreuve du temps et qu’il demeure sans équivoque une date charnière de l’histoire du cinéma tant pour une forme qui a fait école que pour un fond dépeignant avec justesse l’état d’une société en crise; tel en témoigne d’ailleurs la quantité abyssale d’analyses et d’écrits qui lui furent consacrés. De sorte qu’il nous apparaît aujourd’hui plutôt ardu d’évoquer le film sans basculer dans la redondance du cliché.

Essayons néanmoins de contourner l'écueil de ces lapalissades.

Pour les besoins de la réflexion plus ponctuelle à laquelle nous nous apprêtons à nous livrer, revenons sur les propos de Siegfried Kracauer, pour qui le jaillissement du cinéma allemand, dans les années de l'après Grande Guerre, portait déjà en lui des idées totalitaires qui allaient mener − via le nazisme − à la Seconde guerre mondiale. Est-ce réellement nécessaire de rappeler que dans son célébrissime ouvrage De Caligari à Hitler, en d’autres termes plus concrets, le critique allemand avance la thèse selon laquelle le cinéma peut être considéré comme un constat psychologique et social de l’époque dans laquelle il s’inscrit ? (1973, p.241-246) Incidemment, difficile pour une œuvre allemande post-1918 telle que M le Maudit (réalisée en 1931) de se dissocier d’un pareil apophtegme.

Toutefois, au-delà du simple constat lucide et critique qu’il pose sur la société dans laquelle il s’inscrit, M (…) en devient le reflet et ultimement, dans une dimension plus prophylactique (1), une prémonition sinon même un avertissement implicite à la vague nationale socialiste que le metteur en scène semblait voir d’un mauvais œil déferler sur le pays. En nous appuyant entre autres sur notre axiome kracauérien cité ci-haut, nous nous attarderons à voir en quoi M le Maudit par les différentes thématiques qu’il aborde et grâce à son esthétique néo-expressionniste se veut un reflet objectif du contexte sociopolitique allemand dans lequel il fut réalisé.(2)

Rappelons tout d’abord que M dresse le portrait d’une insatisfaction généralisée. L’Allemagne post armistice est une nation humiliée, insatisfaite, se relevant péniblement des conséquences d’une guerre où son orgueil et sa fierté furent durement éprouvés par la signature du Traité de Versailles; traité où elle dut céder son armement et renoncer à son empire colonial (Togo, Cameroun et Cie). D’un conflit où elle est sortie perdante, la nation penaude et paupérisée, en pleine restructuration, connaît un redressement économique qui sera néanmoins durement fouetté par le krach boursier de 1929 engendrant une vague de chômage sans précédent (5 500 000 chômeurs en 1930). Logiquement, la production cinématographique de la République de Weimar, à travers les thèmes qu’elle aborde, est forcément à l’avenant de cette débâcle sociopolitique dont elle peut difficilement faire abstraction. Représentant parmi ses décors récurrents des usines désaffectées (où le petit bourgeois Hans Beckert trouve d’ailleurs refuge) corrélat évident de la crise économique et évoquant la paranoïa générale, les premiers films parlants de Lang des années trente sont le reflet du déclin d’une société. M le maudit ne fait pas exception à la règle et son protagoniste Hans Beckert n’est autre que le produit de ce mal social, de ce climat délétère et malsain : sa « (…) maladie psychique n’est, en définitive, que celle, personnalisée, de la République de Weimar agonisante le long des rues sans joie, de ses files de chômeurs. » (2005, p.66) Ce personnage est à l’image de la nation, c’est un personnage esseulé de la communauté, solitaire, l’incarnation de l’Allemagne, autrefois grande nation qui, à la lumière d’un déclin, semble s’accrocher à la glorification d’un passé. L’Allemagne perd de son lustre international, elle est désormais esseulée politiquement, paria et écartée des grands rendez-vous internationaux. En d’autres termes, M (3) est dans le corps d’un être humain l’incarnation de tous les maux qui affligent le pays.

La première apparition frontale du personnage livrée à travers un miroir est d’ailleurs très symptomatique de cette pathologie nationale; cet épisode où le personnage se cherche des poux dans le reflet que lui renvoie une glace évoque cette espèce de complaisance narcissique pour le morbide; elle ne serait autre que l’incarnation d’une nation qui se livre elle-même à une complaisance, à une forme d’examen de conscience collectif, une nation qui se livre à une forme de contemplation de sa démence.

Le film serait non seulement une étude clinique et psychiatrique du personnage dérangé, mais au-delà, par extension, une étude, un portrait d’une nation toute aussi perturbée, piégée, poursuivie et persécutée par les démons de l’après-guerre. M, dans le corps d’un homme, est une allégorie de la nation allemande, dans ce qu’elle présente de mieux, de ce qu’elle a de pire, sous son bon et plus mauvais jour :

«M est donc un lieu d’exorcisme, c’est le bouc émissaire chargé de toutes les forces négatives, c’est le Maudit absolu; M est également l’ombre, au sens jungien du terme, tout ce que la société rejette d’elle-même et projette sur un objet extérieur. » (2005, p.75)

George Grosz et Fritz Lang

Permettons-nous une parenthèse contribuant à étayer notre propos. Nous tenterons ici d’établir un parallèle entre une scène représentative de la paranoïa qui gagne le peuple dans le film de Lang et les similarités thématiques et esthétiques qu’elle présente avec les toiles de son contemporain, le peintre allemand George Grosz. La scène choisie fut celle du dîner bourgeois où l’un des convives accuse l’un des autres bourgeois attablés d’être l’auteur des crimes qui plongent la ville dans la terreur. Les films de Fritz Lang, telles les toiles de Grosz, dépeignent l’insatisfaction sociale généralisée qui mena ultimement au nazisme. Les personnages issus de la bourgeoisie y sont montrés comme des goujats truculents qui s’accusent mutuellement sans fondement d’être les auteurs respectifs des crimes perpétrés dans leur ville; cet épisode du dîner est alors particulièrement révélateur de la psychose délatrice qui gagne le peuple allemand et analogiquement symbolique de la peur antisémite qui va gagner l’Allemagne post-weimarienne : on se cherche un bouc émissaire, un coupable endossant l’entière responsabilité des problèmes nationaux.


George Grosz: Eclipse (1928) & Les Piliers de la société (1926)


Fritz Lang, M © Criterion Collection 2004

De surcroît, des similitudes évidentes apparaissent entre les toiles de Grosz et certains traits de personnalité des personnages attablés. Le typage pittoresque de certains personnages corpulents, rabelaisiens et grotesques (et donc ultimement à l’image de ce que l’on retrouve dans les toiles de Grosz) est retrouvé dans les scènes filmées par Fritz Lang. Nous pourrions affirmer que Lang exerce une forme de pastiche groszien transposant non seulement l’esthétique caricaturale, le genre et le style de figures peintes mais souscrivant tout aussi au discours critique du peintre qui présente sous son plus mauvais jour des archétypes de la société bourgeoise aux mœurs dissolues qu’il juge visiblement abjectes : «L’art est pour lui une arme et il tend à cette société un miroir reflétant son malaise et sa corruption.» (2008, p.21) À l’image d’un Grosz, Lang sut immortaliser dans ses plans filmés l’insatisfaction générale régnante et le désoeuvrement d’une société tout comme sut le faire le peintre dans ses toiles souvent décadentes :

« Grosz contribua fortement à façonner l’image que la plupart d’entre nous avons de Berlin et de la République de Weimar dans les années 30. Hommes d’affaires corpulents boursouflés de leur importance, soldats estropiés, prostituées, crimes sexuels et les orgies furent ses thèmes de prédilection» (2007, p. 64) (4)

Au risque de verser dans le domaine du téléologique, il n’en demeure pas moins que certains éléments évoqués dans le film tendraient lorsqu’examinés a posteriori à corroborer les hypothèses soulevées par Kracauer. À commencer par la comptine d’ouverture «Attendez, ça ne saurait tarder. L’homme en noir sera bientôt ici. Avec la lame de son couteau, il ne fera que chair à pâté de vous. » (5); cette comptine aussi «prophétique» que macabre semble particulièrement révélatrice du futur prochain allemand; en effet, difficile de ne pas s’empêcher de percevoir en ce «man in black» une évocation hitlérienne ou plus simplement de l’uniforme gestapien. Même le personnage de M (ou Hans Beckert), dualité sur pattes, à la fois méprisable mais pathétique présente d’intéressantes analogies plutôt inusitées non seulement avec les Juifs (bouc émissaire jungien sur lequel la nation refoulera tout ce qu’elle exècre en elle), mais tout aussi indissociable de la figure d’Hitler; petit homme discret, timoré et apparemment sans histoire qui devient un orateur enflammé lorsqu’exposé aux foules. Preuve de sa remarquable verve et de la maîtrise de son art oratoire et rhétorique; même étant sur le point d’être lynché et s’avouant coupable de crimes sordides, il parviendra à attendrir certains criminels qui peuvent difficilement s’empêcher de ressentir de l’empathie pour le petit homme poursuivi par des démons intérieurs, ceux-ci rappelant étrangement ceux de l’Allemagne.


Fritz Lang, M © Criterion Collection 2004
Quelques criminels attendris devant le pathétisme de Beckert à la cour des Miracles

Étant donné la position ouvertement anti-nazie de Lang, il serait plutôt surprenant de voir en M un brûlot propagandiste antisémite. Néanmoins, le contenu du film laisse présager de manière on ne peut plus claire la vague nationale socialiste latente s’apprêtant à sévir en Europe. Et en ce sens, le film peut être perçu comme un avertissement en adéquation avec sa dimension prophylactique évoquée préalablement en introduction. À ce titre, il est à noter qu’au moment où le film fut tourné, le parti national socialiste avait déjà fait élire 107 députés nazis au Reichstag; Fritz Lang voyait probablement venir d’un mauvais œil la vague nazie expliquant probablement les éléments étrangement et indissociablement liés au mouvement d’extrême droite parsemant son film.

Suivant ce même précepte, nous pouvons encore repérer quelques éléments ayant tendance à corroborer cette hypothèse. Ainsi, dans le même ordre d’idées, en superposant grâce à la magie du montage alterné les réunions de la police et celles de la pègre, Lang trouve probablement le procédé filmique le plus intelligent (et le plus adéquat) pour mettre en valeur les similitudes de la structure organisationnelle des deux clans (les agissements de leurs leaders respectifs étant parallèlement synchronisés). Par cette comparaison imagée, Lang ne met pas uniquement en évidence les méthodes analogues des deux parties aux idéologies a priori antinomiques, mais il permet de mettre en lumière à quel point la structure criminelle s’apprête potentiellement, d’un point de vue historique, à se substituer aux forces étatiques en place. Un tel constat nous ramène bien entendu encore au nazisme dont les 107 députés élus au Reichstag ne sont que la pointe de l’iceberg qui s’apprête à envahir le pays; d’autant plus que les visées et le discours idéologiques de la pègre font étrangement écho à ceux du parti national socialiste : « Éliminer les cloportes et les microbes» semble être le leitmotiv rhétorique de Schränker, ce führer du monde interlope.

Il y a donc bien sûr beaucoup d’analogies entre la structure organisationnelle nazie et celle de la pègre, et ce même au point de vue idéologique. De surcroît, Lang met en valeur la faiblesse, voire l’impuissance, des autorités étatiques à résoudre le dossier M, se faisant damer le pion par Schränker et ses hommes de main. Le cinéaste germanophone laisse poindre l’avènement d’un parti puissant et organisé (soit la pègre) prenant la place du gouvernement «incompétent» en place (les truands traquant le meurtrier beaucoup plus rapidement et efficacement que la police).


Fritz Lang, M © Criterion Collection 2004
Grâce au montage alterné, le geste de la main initialement entrepris par Schränker est symboliquement complété par un policier mettant distinctement en valeur la similarité protocolaire des réunions des deux organisations : pourrait-on par ailleurs y lire en filigrane un «passation des pouvoirs» ?

Reprenant l’expression émise par l’historien français Antoine de Baecque, ce montage alterné explicitant la substitution des forces étatiques par des forces aux intentions malveillantes pourrait en soit être perçu telle une «forme cinématographique de l’histoire», soit un « (…) moment de surgissement de l’histoire dans le matériau filmique, dans la forme du film, dans son agencement visuel et narratif particulier » (2008, p. 10) Pourquoi? Parce qu’elle présente à elle seule, sous forme anecdotique et métaphorique l’avènement d’un pouvoir vil et corrompu s’apprêtant inexorablement à faire régner sa loi en Allemagne. Bien que ce moment isolé soit parfaitement au diapason de la définition de de Baecque, le constat est bien sûr tout aussi applicable au film en soi qui, par la manière dont il réussit à cristalliser les conflits et les tensions de son temps, est une «forme cinématographique» de l’histoire dans son intégralité.

Fritz Lang : historien du temps présent ?

Nous avons affirmé en début de texte que le film de Lang se voulait un constat objectif de la situation politique allemande dans lequel il s’inscrivait. Revenons sur cette déclaration en prenant le soin d’oblitérer le mot «objectif» et de le remplacer par le terme «critique» qui serait davantage approprié (répondant aux rôles civiques et moraux que March Bloch imputait à l’historien) (2007, p.10). Reformulons donc sans renier : Lang dresse donc un constat critique de la société qui l’entoure, soit une société perçue telle moribonde désillusionnée qui a perdu ses repères, qui a atteint un point de non retour et qui inéluctablement, un peu malgré-elle, s’apprête à basculer dans une grande noirceur. Le destin de cette nation est à l’image du protagoniste. En ce sens, Lang livre une réflexion quasi explicite et parfois très didactique tel qu’en témoigne sa propension à utiliser des images que l’on croirait tout droit sortie d’un film documentaire. À travers ces intentions, le metteur en scène donne un avertissement : «Voilà ce qui risque potentiellement d’arriver si… », semble être le discours qui émane de ce long-métrage, discours qui appelle à l’action et qui ne va pas sans rappeler la thèse émise par Éric Michaud dans son article La construction de l’image comme matrice de l’histoire.

« Les cinéastes, bien mieux que l’historien, savent que si toute image dès le moment de sa conception, tisse nécessairement des liens avec les événements et les corps auxquels elle redonne présence(6), elle en tisse bien davantage encore, en aval de sa production, avec les hommes à venir – ceux auxquels elle est adressée et destinée : l’histoire c’est l’éveil d’un peuple à ce qui lui a été donné d’accomplir.» (2001, p. 2)

Malgré l’inscription de la démarche de Lang dans le sillage de la première partie des propos de Michaud qui se rapproche de l’expertise de l’historien; sa résignation et la note pessimiste sur lesquelles le film se clôt trahissent son impuissance à agir dans l’optique de freiner et/ou contrecarrer le destin sombre vers lequel se dirige l’Allemagne, direction qu’il voit certes d’un mauvais œil, mais qu’il perçoit tel inéluctable et fatale; en d’autres termes, le film ne favorise pas (ou sinon très peu) un agir proactif d’un peuple pour qu’il mette en branle une résistance allant contre l’accomplissement de la destinée la plus sombre de son histoire.

À ce sujet, le dernier plan du film est particulièrement révélateur. Les femmes endeuillées constatant avec angoisse le climat de terreur de leur société s’écrient à l’unisson : «Et qui les surveillera nos enfants? », cri du cœur qui fait en filigrane écho à celui poussé par Lang et à sa perplexité devant l’absence de solutions au problème; impuissance qui motivera peut-être sa fuite transatlantique laissant la nation aux prises avec ses propres démons : Lang, l’une des grandes consciences de la nation, l’un des «pères nationaux» abandonnant lucidement ses enfants à contrecoeur.

Là où Chaplin continuait à afficher un optimisme presque inébranlable et quasi naïf en temps de guerre dans Le dictateur, œuvre où il exalte des valeurs hautement humanistes et pacifistes dans sa tirade finale, Lang présente, quant à lui, un épilogue beaucoup plus sombre.

En ce sens, le film de Lang peut revêtir une dimension éminemment prémonitoire à bien des égards; dimension qui le rapproche concrètement du rôle de l’historien, mais dont la dimension prophylactique parfois malmenée le fait tendre vers un certain pessimisme (voire un certain défaitisme) et une résignation qui l’en éloigne. Lang montre, dresse un constat «prophétique», mais qui ultimement ne propose pas de solutions; le cinéaste semblant lui-même s’avouer vaincu dans son rôle d’historien.

M le maudit est à travers son portrait pessimiste de la République de Weimar, sa tendance au documentaire et ses nombreuses analogies laissant présager l’avènement du nazisme une toile réaliste et anticipatrice du destin de l’Allemagne des années trente, fresque filmée qui ne rencontre toutefois pas tout son potentiel historique en raison de la note fataliste sur laquelle elle se clôt: la grande noirceur est non seulement imminente, mais elle est inéluctable.

Si l’historien a le mandat éthique d’éviter « (…) la perpétuation de l’erreur » (2007, p.11) (7), Lang semble réaliser l’incompétence de son pouvoir face à la gravité de la situation politique de son pays; le seul choix qui s’offre à lui semble être la fuite. Reste toutefois à savoir si Lang aurait pu réellement concrétiser ou exalter une lutte antinazie plus soutenue ?

«Ce qu'on est incapable de changer, il faut au moins le décrire», disait Rainer Werner Fassbinder. Peut-être son jugement aurait-il été influencé par les poncifs posés par Papa Lang?

M, un reflet objectif de la société allemande? Certainement, mais dont l’objectivité est quelque peu édulcorée par une valeur historique sujette à caution.

NOTES

(1) Nous tenons ici à utiliser au sens figuré l’usage du terme médical prophylactique. Par prophylaxie, nous entendons donc : « (…) l’ensemble des mesures visant à empêcher l’apparition, la réapparition et la propagation de maladies. » ( Lexique pratique de la santé : français-anglais-allemand-espagnol, éd. 2010)
(2) Il est à noter que Fritz Lang réfutait généralement les thèses de Kracauer dont il tournait souvent en dérision les déclarations. Lorsqu’interrogé sur les origines du titre original du film qui selon les dires de Kracauer devait tout d’abord s’intituler L’assassin est parmi nous (par après modifié pour M (…)), Lang débutera sa réponse par la flèche « For once, Kracauer was not wrong (…) » (1963, p.21) témoignant du peu de crédibilité qu’il accordait au célèbre critique.
(3) Bien que le nom du personnage soit en fait Hans Beckert, nos recherches nous ont révélé que l’imaginaire collectif semble davantage l’associer au nom de M pour le désigner. Nous épouserons cette tendance ça et là, usage qui sera à bien distinguer du M en italiques qui renvoie à l’œuvre en soi.
(4) Propos traduit par l’auteur: « (…) Grosz did much to create the image most have of Berlin and the Weimar Republic in the 1930s. Corpulent businessmen, wounded soldiers, prostitutes, sex crimes and orgies were his great subjects» (2007, p. 64)
(5) Traduction libre de l’auteur de la comptine telle que traduite originellement dans les sous-titres : « Just you wait, it won’t be long. The man in black will soon be here. With his cleaver’s blade so true, he’ll make mousemeat out of you...
(6) À noter que le film de Lang est fortement inspiré d’un fait divers de Berlin où un meurtrier d’enfants a sévit quelque temps avant le tournage du film. (2004, p.15)
(7) Marc Bloch s’étend plus exactement sur l’enjeu de la «la poursuite de l’erreur et du mensonge.» À ses yeux, « la science historique s’achève en éthique. L’histoire doit être vérité; l’historien s’accomplit comme moraliste, comme juste.» (2007, p.15)

Liste des ouvrages cités et/ou consultés
BUACHE, Freddy 1965. Le cinéma réaliste allemand . Lyon : Serdoc.
BLOCH, Marc. 2007. Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien. Paris : Armand Colin.
COURTADE, Francis. 1963. Fritz Lang. Le Terrain Vague : Paris.
DE BAECQUE, Antoine. 2008. « Les formes cinématographiques de l’histoire ». 1895, n o51, mai, p. 9-21.
GANDER, Gerot. 2004. « Fritz Lang on M: An Interview ». Texte de pochette. M. DVD-ROM. Criterion Collection.
JENTSCH, Ralph. 2007. George Grosz: Berlin-New York. Milan: Skira.
KRACAUER, Siegfried. 1973. De Caligari à Hitler : une histoire psychologique du cinéma. Lausanne : L’âge d’homme.
MARIE, Michel. 2005. M le Maudit Fritz Lang. Paris : Armand Colin Cinéma.
MICHAUD, Éric. 2001. «La construction de l’image comme matrice de l’histoire.», dans Vingtième siècle Revue d’histoire, n o72, octobre-décembre, p. 41-52.
WERMESTER, Catherine. 2008. « George Grosz : l’homme le plus triste d’Europe ». Paris : Alia.

M le maudit [M – Eine Stadt sucht einen Mörder]. 1931. Réalisation de Fritz Lang, scénario de Thea Von Harbou. Distribution : Peter Lörre, Gustaf Gründgens, Otto Wernicke. Allemagne. Nero-Film AG. DVD, son, noir et blanc, 117 min. Criterion Collection.

 

Lisandro Arpin-Simonetti, Cadrage, Février 2013

 

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