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Les frères Coen et l'indiscipline
cinématographiques
Sur l'indiscipline cinématographique
Oour Roger Odin, le cinéma n'est pas une discipline, il est
un objet. Certes. S'impose alors la définition de ce qu'est
une discipline, notion que nous devrons différencier du savoir.
Pour Michèle Lagny et Marie-Claire Ropars-Wuilleumier «la
discipline se définit par un ancrage institutionnel et une
aura scientifique, [alors que] le terme de savoir, ambigu, peut
désigner aussi bien un ensemble de connaissances élaborées
par la discipline qu'une opération théorique portant
sur le statut de la connaissance et de la discipline (1)».
Dans cette perspective, le cinéma se situe moins comme enclos
disciplinaire que comme objet interdisciplinaire, que s'approprient
les disciplines pour le soumettre à leur méthodologie
et assurer la diffusion de leur savoir. Le film est un objet interdisciplinaire
non réductible; un espace haptique infragmentable, opérant
la synthèse entre les sens et nous ouvrant vers une nouvelle
connaissance de nos rapports au monde. Pour Lagny, il est donc une
indiscipline.
Toutefois, tout objet qu'il est, il est permis
d'affirmer que ce serait au contact des différentes disciplines
«reconnues» ou «légitimées»
que le cinéma se façonnerait lui-même dans sa
spécificité disciplinaire, venant modifier les frontières
même des disciplines qui se l'approprient. Bref, «il
rend incertaines certaines bases sur lesquelles une discipline se
construit (2)». Ainsi, par l'analyse de BARTON FINK, une des
oeuvres les plus abouties des producteurs, scénaristes et
réalisateurs Joel et Ethan Coen, exploitant autant l'enclos
disciplinaire de la littérature, de l'histoire et de la philosophie,
c'est non seulement ce jeu qu'opèrent les disciplines sur
le film qui nous est démontré, mais également
la façon dont le «réel fantasmé»
des frères Coen arrive à questionner ces mêmes
disciplines. «Serait-ce un effet du cinéma que de révéler
l'imaginaire là où il se refuse?(3)».
BARTON FINK [1991], de Joel et Ethan Coen
Le cinéma des frères Coen, produit indépendamment
des grands studios américains, fût projeter des nues
en 1991 alors que leur quatrième film, BARTON FINK, se vit
décerner, par le jury de Roman Polanski, les trois principales
récompenses du «Festival de Cannes» (non sans,
évidemment, créer un certain tollé!). Thomas
Bourguignon, de «Positif», décrivit alors le
cinéma des frères Coen comme «une indétermination
dans l'espace, reflet de celle de l'univers intérieur des
personnages, dépassés par des pulsions non maîtrisables
et perdus au milieu d'événements incompréhensibles
(4)». Bref, un monde tributaire à la fois du bizarre,
de l'étrange et de l'humour noir, où BARTON FINK patauge
allègrement.
Barton Fink est un auteur de théâtre
new-yorkais dont la nouvelle pièce, écrite pour le
«common man», connaît un succès resplendissant.
Il est alors amené à Hollywood par Jack Lipnick (Selznick?),
un producteur millionnaire recherchant, pour scénariser un
film de lutte de série B, ce «Barton Fink feeling»
qu'il lui connaît. Alors cloisonné dans un hôtel
à la fois fantomatique et surréaliste, la muse de
l'écrivain le quitte et les pages restent blanches. Il y
fait la rencontre de Charlie Meadows, un voisin de chambre bruyant
mais sympathique, de W.P. Mayhew, un auteur «faulknerien»
déchu et alcoolique, et de sa secrétaire, qui mourra
mystérieusement après une nuit d'amour avec Barton.
De qui provient la main meurtrière? Le film tourne alors
vers l'étrange, alors que Charlie, le voisin innocent, se
dévoile être un monstre homicidaire, nous transportant
vers une finale où, sortant des flammes, il se lance dans
une furie meurtrière contre les détectives à
ses trousses. Barton, sortant ensuite de l'hôtel en flamme,
voit son scénario refusé violemment par Lipnick et
termine sa quête dans l'image encadrée qui resta la
seule ouverture sur le monde que put lui offrir sa chambre d'hôtel.
Construit autour de trouvailles visuelles en parfait
concubinage à son polycentrisme narratif et discursif, le
film des frères Coen devient l'outil idéal dans l'élaboration
de l'interdisciplinarité cinématographique.
Cinéma et littérature
La littérature s'affiche à deux niveaux principaux
dans BARTON FINK. D'abord, elle lui suggère sa généricité,
alors que le cinéma s'approprie les genres littéraires
et leurs objets pour les exploiter par le mouvement et l'analogie
perceptive. Barton Fink est un auteur de «théâtre
réaliste» new-yorkais, adressé à un peuple
qu'il refuse toutefois d'écouter. La mise en scène
de Joel Coen mêle alors les genres, passant de la comédie
au fantastique, arrivant par le fait même à nous distancier
du réel filmique pour mieux appréhender un deuxième
niveau du littéraire: l'institution. Le système littéraire
et ses coulisses viennent imprimer leurs traces indélébiles
sur le propos du film, exploitant le thème littéraire
fétiche de l'angoisse de la page blanche pour venir opérer
la scission entre le livre et le cinéma.
C'est dire que BARTON FINK repousse les limites
de la littérature pour délimiter l'écart fondateur
existant entre le mot et le filmique. Il impose ainsi à la
littérature une nouvelle forme, le scénario, et une
nouvelle institution, le «Producteur-Roi»: deux univers
que Joel Coen nous présente comme hétérogènes.
Il est alors facile de cerner l'empreinte du littéraire sur
le film, se voulant délibérément allégorique
de la difficile transition de l'auteur américain type, William
Faulkner (représenté autant dans le personnage de
W.P. Mayhew que dans Barton Fink lui-même), et de l'incompatibilité
de son écriture avec celle de l'institution et du langage
filmique. La nouvelle quête de l'Ouest devient tributaire
d'une impossible traversée du désert entre un filmique,
ne pouvant se limiter au littéraire, entre un littéraire,
impuissant dans l'institution filmique, et entre un langage de l'imaginaire,
incompatible avec le langage visuel, dynamique et polycentrique
du film. Le récit de BARTON FINK n'est donc pas celui de
la prose, mais celui de l'image analogique, s'attardant aux détails
insignifiants qui viennent extérioriser l'état d'esprit
du dramaturge Fink, jusqu'à devenir source de catastrophe
(la chaleur monte, le papier peint se détache, un moustique
obsède le travail de l'auteur, une image de la mer devient
source de fantasme, etc.). Le cinéma des Coen devient un
monde où le littéraire, évocateur d'image,
est impuissant devant les possibilités analogiques que lui
offre la perception visuelle et dynamique du cinéma. Résultat:
le Faulkner des Coen sombre dans l'alcoolisme et la névrose,
et la littérature se voit imposer le choc de ses propres
limites, en opposition à la force évocatrice des seules
images. Une littérature excluant le récit pour s'attaquer
à l'insignifiant, qui vient prendre toute l'espace et qui
devient la projection angoissée d'un auteur sans muse. Un
cinéma s'imprégnant de la littérature pour
s'en distancier et en démontrer les frontières. Un
cinéma où la notion même «d'auteur»
est encore à faire.
Cinéma et histoire
Autant le cinéma peut s'imprégner du littéraire
en le réinterprétant, autant il s'empare de l'histoire
pour en refaire la lecture. Toutefois, une mise au point s'impose:
l'histoire, au cinéma comme ailleurs, est question de choix
subjectif et ne peut prétendre à l'objectivité.
«Le film historique, selon Marc Ferro, ou plus généralement
l'histoire, constitue seulement la transcription filmique d'une
vision de l'histoire qui a été conçue par d'autres
(5)».
BARTON FINK puise d'abord dans l'histoire par son
sujet (qui est toutefois polycentrique): l'industrie cinématographique
et littéraire américaine au tournant de la 2ème
Guerre Mondiale. Et si l'histoire trouve dans le film un nouveau
support pour la diffusion du savoir soumis à sa méthode,
la transcription des événements sur pellicule lui
offre une toute nouvelle perspective. Le film devient une nouvelle
trace de l'histoire, qui doit se confronter aux traces que celle-ci
a déjà laissées.
Mais en quoi le film modifie les frontières
de cette histoire? Il en devient en fait un agent, une source, agissant
en «contre-pouvoir» ou manifestant «une indépendance
vis-à-vis des courants idéologiques dominants (6)».
Ferro poursuit ainsi: «Qu'ils abordent l'histoire des grands
hommes ou qu'ils privilégient l'action des masses, ces films
reproduisent des courants de pensée dominants, ou d'opposants,
le plaisir qu'ils procurent par leur beauté témoigne
de leur capacité d'agir sur la société, sur
l'histoire (7)». Le cinéma construit une mémoire
factice, une interprétation visuelle et analogique, opérée
par la métaphore.
La relecture de l'histoire qu'opère le film
de Joel et Ethan Coen vient donc questionner la méthode même
d'une histoire officielle intropathique. Dans BARTON FINK, l'histoire
n'est plus celle des tyrans, elle est celle du peuple qui, étouffé
et oublié, refait surface de façon brutale. Ainsi,
l'élite, autant l'artiste (Fink) que le pouvoir (Lipnick),
est responsable de sa propre «surdité» et des
conséquences qui en découlent. Lipnick refuse la tragédie
urbaine que lui offre Fink, alors que celui-ci refuse d'écouter
les histoires que veut lui raconter Charlie Meadows, son voisin
de chambré, jusqu'à ce que l'innocence de ce sympathique
rondelet se transforme en haine que le monde intropathique se refusait
de voir. C'est dire que BARTON FINK nous présente une méthode
de lecture de l'histoire différente de celle des récits
officiels, soit une histoire subjective et métaphorique,
une histoire interne et sensible, exprimer par le jeu entre la matière
environnante et l'angoisse des protagonistes. L'hôtel du film
devient donc, par allégorie, la représentation filmique
de la poudrière européenne de la Deuxième Guerre
Mondiale, alors que l'humiliation et le chaos social et économique,
que subit la société allemande de la République
de Weimar, devient la détonation de la montée du fascisme
et du dictateur Hitler (cible principale de l'histoire introspective).
L'histoire des Coen n'est donc plus le récit objectif et
officiel de la lutte pour le pouvoir, mais bien le récit
des gens et de la masse. Barton, écrivant pourtant pour le
«common man», refuse d'écouter les histoires
de Charlie. Celui-ci, se révélant être un monstre
sanguinaire, s'engouffre dans l'enfer symbolique de l'hôtel
en feu, après avoir froidement assassiné les deux
détectives à ses trousses dans un hommage final rendu
au dictateur («Heil Hitler!»). S'ensuit ses adieux à
l'intellectuel Fink, qui se refusa à ses «histoires».
L'histoire n'est alors plus reconstituée,
elle est évoquée. Les récits officiels font
ainsi place à une histoire expressive et subjective, s'affichant
comme telle et se refusant au logocentrisme. Sa rédaction
n'est plus scientifique. Elle est parti pris et discours. Le cinéma,
en s'en imprégnant, vient découvrir ce qu'elle ne
dit pas et ce que le film peut lui faire dire.
Cinéma et philosophie
La question du logocentrisme sera également majeure dans
la lecture philosophique du film. Le cinéma y devient la
sphère idéale pour une nouvelle opération du
questionnement philosophique. C'est dire qu'autant le cinéma
se voit approprié par la philosophie qui lui impose ses sujets
et sa méthode réflexive et critique quant à
notre rapport au monde, autant le cinéma devient l'objet
insaisissable qui, par sa spécificité et son interdisciplinarité,
vient imposer à la philosophie le deuil d'une pensée
purement rationnelle et logique. Ainsi, la perception n'a plus besoin
de la «présence». L'analogie perceptive vient
gommer la présence et modifier notre rapport à «l'Être».
L'Être» d'aujourd'hui est donc un Être
cinématographique médiatisé (le cinéma
étant le médium le plus prestigieux). Il n'est plus
logocentrique, mais sensible; il n'est plus unique, mais duplicable
à l'infini. L'Être moderne vit dans la perception analogique,
dans la représentation où s'interpénètre
le réel et le fictif; un monde où la fiction dépasse
une réalité transfigurée.
BARTON FINK se présente comme une vision
expressionniste du monde. Il est une représentation mentale
et psychologique d'une réalité déformée
par l'angoisse et illustrée par les perceptions que nous
offre l'espace haptique du cinéma. Le monde des frères
Coen n'a plus besoin de la logique pour expliquer le réel.
Le vrai est pensé en mouvement et en analogie perceptive
dans un univers où l'Être ne peut plus être pensé
rationnellement. C'est alors que la chaleur monte en même
temps que le drame et que l'esprit et le corps suintant de Charlie
sont répercutés sur le papier peint, qui se décolle
d'un mur semblant transpirer en même temps que le personnage.
La perception du monde n'est alors plus pensée, elle est
sentie, expressive, presque chaotique.
Le tout n'est pas sans rappeler la pensée
du philosophe Français Jean-François Lyotard et de
son «acinéma». Il en dit: «La dite impression
de réalité est une réelle oppression d'ordres.
Cette oppression consiste dans l'application du nihilisme aux mouvements.
Aucun mouvement, d'aucun champ qu'il relève, n'est donné
à l'oeil et à l'oreille du spectateur pour ce qu'il
est: une simple différence stérile dans un champ visuel-sonore
(8)». Lyotard cherche donc à reconstituer la sensation
comme une représentation du monde échappant au logocentrisme.
Nul n'est nécessaire de réfléchir sur la «présence»
de l'Être puisqu'il est visible à l'écran. Sans
atteindre le niveau d'évacuation de l'impression de réalité
que recherchait Lyotard, la compréhension du monde par le
filmique passe, dans BARTON FINK, par la métaphore où
l'objet est délié de son lien naturel avec le monde
objectif et, dans sa banalité, vient prendre des proportions
gigantesques et servir de projection matérielle sensible
à l'angoisse abstraite du personnage. «The life of
the mind, there's no road map for that territory», affirme
Barton Fink. La réplique vient ironiquement de Charlie, alors
qu'à la fin du film, au milieu de sa folie meurtrière,
il hurle à plusieurs reprises: «I'll show you the life
of the mind!». Charlie semble alors affirmé connaître
la (sa) «vie de l'esprit», une perception apocalyptique
extériorisée par les flammes qui le suivent dans le
couloir étouffant de l'hôtel. Quant à Fink,
la «vie de l'esprit» dite «objective» lui
est interdite, alors que contraint autant par les jeux de pouvoir
des studios que par ses visées «réalistes»,
il se voit «condamné» à vivre dans la
représentation, dans un monde où le fantasme danse
avec le réel et où toute logique est expulsée
au profit de l'émotion. Un monde que refuse et refoule l'objectivité
«réaliste».
La quête de l'Ouest de Barton Fink, du «réalisme»
théâtral new-yorkais à la scénarisation
filmique hollywoodienne, est un échec; le réel ne
peut être transposé de façon logique et le dernier
plan du film nous plonge dans le fantasme de Barton, à l'intérieur
du cadre surplombant sa machine à écrire, seule fenêtre
ouverte (l'écran de cinéma?) hors de son monde claustrophobique.
Le film se termine ainsi sur Barton, demandant à l'objet
de son fantasme:
-You're very beautiful. Are-you in the movies?
-Don't be silly!
La réalité perd toute portée
logique et objective et le fantasme ne peut être objectivé
par la représentation analogique. Le réel devient
une construction expressive de la perception individuelle, le «life
of the mind» subjectif, entremêlant fiction et réalité
et venant redéfinir la staticité et l'unité
de notre rapport au monde et à l'Être que recherche,
depuis la nuit des temps, la philosophie.
Le cinéma n'est pas fragmentable. Il est,
comme nous l'avons répété, un espace haptique,
multisensoriel, faisant la synthèse des disciplines qui se
l'approprient, le transforment et se modifient à son contact.
L'expressionnisme et le fantastique de BARTON FINK, de Joel et Ethan
Coen, nous offre alors ce constat final: celui d'un dramaturge intellectuel
juif, se retrouvant perdu dans la représentation et noyé
par les jeux de pouvoir hollywoodiens, avec entre les mains la tête
d'un auteur (Faulkner) déchu, tranchée par un voisin
nazi sur lequel on a délibérément fermé
les yeux en refusant d'écouter ses histoires. BARTON FINK
pourrait-il, en définitive, être décrit comme
étant l'illustration de cette impossibilité de créer
dans un monde où la représentation, se voulant objective,
et le discours officiel, se limitant à l'intropathie et aux
jeux de pouvoir, sont condamnés à l'échec?
Ainsi, dans sa tentative de redéfinir notre
rapport au monde, le film des frères Coen se voit traversé
autant par la littérature, l'histoire, la philosophie, la
politique, que par l'esthétique. Mais autant est-il façonné
par son rapport réciproque avec ces disciplines, autant il
permet de les distinguer d'une nouvelle façon, s'éloignant
de la logique pour leur imposer un modèle subjectif et discursif.
C'est dire que pour Lagny, «la fluidité de l'objet
cinéma, résistant à des prises distinctes,
est aussi le symptôme de son aptitude à transgresser
- plus qu'aucun autre objet - les distinctions établies pour
la distribution du savoir (9)». Une toute nouvelle distribution
des connaissances qui, hors du carcan immuable et cloisonné
des disciplines, nous permet, par leur croisement, de les revoir
selon ce «Barton Fink feeling» que recherchait Lipnick,
le dictateur de ce monde fantasmé par les frères Coen
dans leur rapport au monde «objectif».C'est l'indiscipline
cinématographique qui, par son irréductibilité,
vient peut-être chercher la spécificité propre
du cinéma.
(1) Michèle Lagny et Marie-Claire Ropars-Wuilleumier,
«L'impromptu de Grenelle ou le savoir-cinéma»,
dans Hors Cadre, No 7, 1989, p.62.
(2) ibid., p.65.
(3) ibid., p.64.
(4) Thomas Bourguignon, «L'illusionniste et le visionnaire.
Le cinéma des frères Coen», dans Positif, No
366, p.56.
(5) Marc Ferro, «Y a-t-il une vision filmique de l'histoire?»
dans Hors Cadre, No 5, 1987, p.259.
(6) Marc Ferro, Cinéma et histoire, Paris, Denoël-Gonthier,
1978, p.12.
(7) Marc Ferro, «Y a-t-il une vision filmique de l'histoire?»
dans Hors Cadre, No 5, 1987, p.259.
(8) Jean-François Lyotard, «L'acinéma»,
dans Des dispositifs pulsionnels, Paris, Christian Bourgois, 1980,
p.52.
(9) Michèle Lagny et Marie-Claire Ropars-Wuilleumier, op.
cit, p.63.
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