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Entretien avec Laurent
Jullier à propos de son livre Cinéma et cognition
(Ed. L’Harmattan, Coll. « Ouverture philosophique »,
2002). Laurent Jullier est Maître de Conférence à
l’Université de Metz (France). Bruno Cornellier est
étudiant de 2ème cycle universtaire à l’Université
de Concordia à Montréal (Québec).
Bruno Cornellier
:
Les études cognitives telles qu’appliquées
aux recherches sur le cinéma, peut-être contre le courant
contemporain à la pluralité et au relativisme, cherchent
à trouver une certaine contingence universelle dans l’acte
de ‘spectature’ et/ou dans les processus de perception
et d’inférence de sens au cinéma, le tout se
basant sur une perspective scientifique d’inspiration darwinienne
ou ‘néo-darwinienne’. Quelle place ou quelle
avancée un tel genre d’étude peut-il offrir
au cinéma dans un cadre analytique plus localisé?
Par exemple, dans l’analyse textuelle d’un film ou bien
dans la couleur esthétique d’un genre ou d’un
auteur en particulier. En d’autres termes, au-delà
d’une compréhension de l’appareil perceptif/optique
général du cinéma comme institution ou dispositif
technique, quelle place les œuvres individuelles, prises seules
ou dans une approche comparative, occupent-t-elles dans les théories
cognitives du cinéma?
Laurent Jullier :
Je dirais volontiers des sciences cognitives, quand il s’agit
de s’en servir dans le cadre d’une approche esthétique
(ou comparative ou textuelle, comme vous voulez), ce que Bourdieu
dit de la sociologie : c’est un instrument de vigilance. Leurs
découvertes empêchent l’esthéticien d’écrire
trop de bêtises impressionnistes, ou en tous cas lui permettent
de voir quand il est dans la description objective et quand il est
dans l’autobiographie ou la poésie. S’agissant
du genre, je suis sceptique. Attendu que le genre est une étiquette
d’usage social et non une attribution au vu de marques internes,
c’est à la sociologie de la réception de s’occuper
plutôt de cela, ou à l’histoire culturelle, qui
traque les « variables de représentation ». Les
sciences cognitives ne sont d’aucune utilité pour dire
ce qu’on appelle un western dans tel pays à telle époque.
En revanche des outils théoriques en provenance de la biologie
évolutionnaire (landscape aesthetics essentiellement) m’autorisent
à décrire rationnellement ce qui fait l’originalité
et la cohérence de The Searchers, par exemple, en l’occurrence
son « look pléistocénien », pour aller
vite...
Bruno Cornellier
:
Dans le même ordre d’idée, que devient le
rôle des spécificités culturelles ou individuelles
dans l’étude du film sous la loupe du cognitivisme?
Laurent Jullier :
Les sciences cognitives permettent de faire la part de ce qui relève
des universaux et de ce qui, par soustraction, relève des
particularités culturelles. Le fait de savoir que la règle
hollywoodienne des 30° et que le raccord-mouvement classique
ont été intuitivement déduits de l’empan
des saccades oculaires permet de comprendre pourquoi certaines particularités
du style américain de l’« image-mouvement »
se retrouvent partout dans le monde ou sont spontanément
comprises par des tribus comme les Pokots, qui ne sont pas familières
de l’image animée. Mais elles ne permettent pas de
déchiffrer la part de propagande, de sexisme... etc., contenue
dans les films qui possèdent ce style.
Bruno Cornellier
:
Les théories cognitivistes du cinéma, à
la suite du courant ‘Post-Theory’ instauré par
David Bordwell et Noël Carroll (2) se positionnent ouvertement
en opposition ou en réaction au paradigme marxiste/psychanalytique
et/ou ‘psycho-sémiologique’ ayant dominé
les théories du cinéma depuis les années 1970,
et tout particulièrement contre l’approche psychanalytique
d’inspiration freudienne et lacanienne, sans toutefois définir
clairement et ouvertement les fondements de cet antagonisme. Ainsi,
où votre ouvrage tente déjà quelques subreptices
rapprochements, un autre ouvrage d’inspiration cognitiviste
comme le célèbre et fondamental ‘Narration in
the Fiction Film’ de David Bordwell (3), pour ne prendre qu’un
exemple, ne se limite au contraire qu’à nier en quelques
lignes seulement l’apport éventuel que le savoir psychanalytique
puisse offrir à sa théorie de la narration filmique.
Cette fermeture et/ou ce ‘cynisme’ académique,
presque belligérant dans certains cas, ne risque-t-ils pas
selon vous de ‘ghettoïser’ les théories
cognitivistes du cinéma à l’intérieur
d’une discipline déjà fort éclectique
en approches de toutes sortes?
Laurent Jullier :
Je préfère, bien que ce soit devenu en France un vilain
mot, la collaboration. Dans la psychanalyse, il y a de belles histoires,
des Grands Récits au sens de Lyotard, bref des fictions,
mais il y a aussi des outils conceptuels intéressants. Sans
parler de tout ce qui est à mi-chemin entre psychologie et
psychanalyse, comme la dichotomie play/game de Donald Winnicott,
merveilleux outil pour parler de cinéma. Je ne veux rien
jeter en bloc, rien jeter a priori. Tout ce qui m‘intéresse
dans une discipline est de voir ce qu’elle peut apporter dans
le sens de la description et de l’analyse les plus scientifiques
et les plus pérennes possibles, car en tant qu’esthéticien
je suis menacé à chaque instant de verser dans la
fiction pseudo-savante. Le reste ne me concerne pas comme chercheur,
éventuellement comme amateur. Pour ce qui est de la ghettoïsation,
appelons un chat un chat et disons plutôt qu’il s’agit
surtout de luttes pour le pouvoir symbolique ou académique,
de lobbying, de puissance de feu dans l’espace public, de
force de frappe médiatique... etc. Il m’est arrivé
de lire des textes anglo-saxons d’une violence et d’une
mauvaise foi stupéfiantes ; s’il s’agissait seulement
d’une discussion scientifique il n’y aurait pas cette
violence et cette mauvaise foi - donc il y a, derrière, des
conflits d’intérêts, des conflits de personnes,
et ceci dans toutes les disciplines. Chacun dans leur style, David
Lodge et Pierre Bourdieu ont décrit tout cela fort bien !
Bruno Cornellier
:
Suivant encore une fois la vague lancée par Bordwell
et Carroll et qui aurait pu être le présage d’une
révolution dans les pratiques et méthodes des études
cinématographiques, les études cognitives, tel que
le soulève Carl Plantinga dans le numéro spécial
de la revue CiNéMAS consacré au cinéma et à
la cognition (4), demeurent toujours minoritaires ou du moins en
marge des courants dominants en études cinématographiques.
Comment expliquez-vous cet état de fait? Voyez-vous luire
à court ou à long terme une percée plus généralisée?
Laurent Jullier :
Honnêtement je vois peu de chances qu’une révolution
cognitiviste opère dans le champ de l’esthétique
du cinéma. En premier lieu parce que le savoir scientifique
se diffuse très lentement, et que la plupart des gens sont
comme Freud, ils sont lamarckiens (sans compter les créationnistes).
La théorie génétique néodarwinienne
a été intégrée par un tout petit nombre
(c’est encore pire en physique, bien entendu), or sans cette
théorie pour présupposé il est inutile de se
lancer dans l’approche cognitive. Donc il faut ramer à
contre-courant. Qui a vraiment envie de cela ? En face vous avez
des choses beaucoup plus « glamour », plus séduisantes
aux yeux des étudiants et du grand public, comme les théories
culturalistes (« tribalistes », dirais-je si j’étais
mauvaise langue). A vingt ans on n’a peut-être pas envie
de se rendre compte tout de suite qu’on est « comme
tout le monde » - or c’est ce qui arrive quand on commence
à travailler sur les universaux. Les étudiants que
j’ai en face de moi marquent leur corps pour se singulariser
(piercing, tatouage), et trouvent un peu déprimant le nivellement
qu’une approche éthologique, par exemple, propose de
l’humanité en général. Il leur semble
à la fois plus logique et plus gratifiant de fustiger le
machisme hollywoodien, par exemple, que d’aller regarder des
nouveaux-nés dans une maternité ou de démonter
un grand-angle en lisant un traité d’optique... Jacques
Bouveresse dit que Wittgenstein demande plus qu’une étude,
une « conversion », eh bien c’est la même
chose avec les sciences cognitives - il y a tellement d’idées
reçues à oublier qu’on s’en trouve changé.
Bruno Cornellier
:
Que répondriez-vous à quelqu’un accusant
les théories cognitives du cinéma de ‘positivisme’
et/ou d’un ‘déterminisme biologique’ excessif
dans leur approche du cinéma?
Laurent Jullier :
D’abord de juger sur pièces. Prenez une assertion d’obédience
cognitiviste, appliquez-là à un film, et donnez votre
verdict. J’ai lu ici et là quelques dérapages
positivistes, disons des excès de foi dans la puissance explicative
des schémas, mais enfin le pourcentage de fiction me semble
assez faible comparé à certaines tendances de l’esthétique
ou des cultural studies. Quant au déterminisme biologique,
en règle générale les chercheurs qui s’en
plaignent n’aiment guère parler du corps, de leur propre
corps encore moins. Or les sciences cognitives au cinéma,
c’est le retour en force du corps. Ce n’est pas éthéré,
ce n’est pas « propre ». Regardez, à l’inverse,
ce qui se passait avec la sémiologie structuraliste radicale
des années 60-70, par exemple... - je trouve d’ailleurs
émouvant et fascinant, lorsqu’on lit les œuvres
complètes de Barthes dans l’ordre chronologique à
partir de son cours de sémiologie, de voir comment le corps
arrive, de plus en plus pressant, pesant, présent, au fil
des ans et des livres (le corps fait retour dans le cadre de la
fiction chez Barthes ; chez d’autres chercheurs il pourrait
faire retour dans le cadre des sciences cognitives). Il ne faut
pas oublier non plus qu’une approche esthétique qui
se respecte (c’est-à-dire une approche qui ne déguise
pas une tentative de prise de pouvoir ou une confession curative),
si elle intègre des outils cognitivistes, doit aussi intégrer
des outils sociologiques à moins de ne traiter qu’une
moitié de la question.
Bruno Cornellier
:
Quelle place la ‘scientificité’ cognitiviste
offre-t-elle à l’étude des aspects politiques
de la création, de la réception, de la lecture et
de l’étude du film? En d’autres termes, est-ce
que ‘politique’ et ‘sciences cognitives’
peuvent se rejoindre?
Laurent Jullier :
Les sciences cognitives, et surtout la biologie évolutionnaire,
m’apparaissent comme de la dynamite sur le plan politique,
à égalité avec l’approche sociologique.
A l’opposé des esthétiques immanentistes qui
sont des instruments de pouvoir car elles n’exposent pas leurs
critères de classement, ces disciplines nous décrivent
- elles décrivent notre place au sein de l’évolution
et au sein de la société. J’ai eu exactement
le même choc en lisant La distinction de Bourdieu que The
Adapted Mind de Tooby & Cosmides, deux livres qui m’ont
non seulement influencé dans ma pratique de recherche, mais
qui ont modifié ma manière de voir le quotidien même,
donc tout ce qui relève du politique aussi. Cela dit, à
l’échelle d’une société comme la
société française, cette dynamite a la taille
d’un pétard : les livres de biologie évolutionnaire
ne sont même pas traduits, et La distinction, comme le regrette
d’ailleurs Bouveresse, qui aimait bien Bourdieu et son œuvre,
n’a strictement rien changé à la « terreur
théorique » que peut induire l’esthétique
de type kantien. J’explore ce terrain quelque peu glissant
dans mon dernier livre « Qu’est-ce qu’un bon film
? », sorti en décembre 2002. Le camp « adverse
», celui des relativistes, en revanche, convient parfaitement
aux tenants de l’ordre néo-libéral et du grand
marché, puisqu’il leur mâche le travail du «
diviser pour régner ». Plus il y a de tribus, plus
il y a de cibles bien définies, plus les responsables de
marketing culturel se frottent les mains - or il n’y a pas
de tribus dans le « universal people » que permet de
viser l’approche éminemment « distanciée
» des disciplines évolutionnaires...
Bruno Cornellier
:
Contrairement aux courants structuralistes des paradigmes théoriques
soulignés plus tôt, les études cognitives -
et c’est je crois leur grand mérite (et votre ouvrage
le souligne bien) - réinvestissent le champ des études
cinématographiques avec les questions fondamentales de l’affect
et de l’émotion. Mais au-delà de ce compte-rendu
‘évolutionniste’ de l’investissement et
de l’adhérence émotive du spectateur au film,
qu’en est-il de la réception esthétique et de
l’aspect purement poétique du film (par exemple du
cinéma expérimental non-narratif) qui dépassent
les simples commandes ou nécessités évolutives
et adaptatrices de l’organisme humain et de sa perception
et socialisation avec le monde et son environnement?
Laurent Jullier :
Les sciences cognitives sont surtout utiles pour parler des universaux.
Dans le cas du cinéma expérimental non-narratif, par
exemple on peut discuter du flickering, du vertige, de l’effet
sur l’oreille interne, de choses comme cela. Quant aux jolies
histoires que racontent les fans, les fanzines, les critiques spécialisés,
sur tel ou tel objet « expérimental », par exemple
radicalement a-figural ou totalement « flicker », disons
que c’est toujours bien de raconter sa vie, et quand c’est
élégamment écrit (ce qui arrive souvent) c’est
même agréable à lire. Il y a un passage terrible
dans La distinction où Bourdieu décrit les fans de
genres marginaux... Nicole Lang a aussi dit des choses cruelles
mais vraies sur leur surinvestissement « intéressé
» du hors-normes... Dans son magistral Making meaning, Bordwell
aurait pu prendre un film expérimental comme exemple au lieu
d’un Hichcock mais je le comprends, cela aurait été
trop facile ! (mettre bout à bout tout ce qui a été
écrit sur La région centrale...) Pour ce qui est du
sentiment poétique, c’est de l’ordre du privé.
Il n’y a rien de pire qu’un esthéticien qui veut
démontrer la poésie d’un passage, c’est
comme un prétendant éconduit qui voudrait persuader
l’autre de l’aimer parce qu’il a des qualités...
Les universitaires doivent savoir s’arrêter dans l’analyse
descriptive, et sinon, mettre « roman » sur la couverture
de leurs livres.
Bruno Cornellier
:
Malgré vos recherches et votre adhérence au cognitivisme,
quelle critique ou limite fondamentale soulèveriez-vous toujours
quant à cette approche et son application dans l’étude
du cinéma (ou du moins dans l’état ou avancement
actuel des choses)?
Laurent Jullier :
Les labos de psychologie expérimentale ne s’intéressent
pas au cinéma. Donc il y a beaucoup trop de théorie
et pas assez de pratique dans ce courant. Parfois, c’est de
la spéculation pure, par exemple dans la modélisation
des opérations mentales. J’attends que les connexionnistes
passent à la vitesse supérieure... Globalement, c’est
comme le dit J. D. Anderson, de la metatheory, une science de seconde
main. C’est pourquoi je ne la conçois qu’articulée
à quelque chose d’autre, esthétique dans mon
cas, sociologie chez d’autres (à condition d’éviter
les dérapages d’une certaine sociobiologie).
Bruno Cornellier
:
Déjà dans certains de vos travaux précédents,
les études cognitives occupaient une place de prédilection,
par exemple dans votre utilisation du concept de processus psychologiques
ascendants pour expliquer et décrire le cinéma postmoderne
(5). Quelle place entrevoyez-vous maintenant pour les études
cognitives dans la suite de vos travaux?
Laurent Jullier :
Ce sera toujours un socle ou un garde-fou. Mais je ne me vois pas
me « spécialiser » dans l’approche cognitiviste
du cinéma, pour les raisons de vitesse de diffusion des idées
dans l’espace public évoquées plus haut. La
même chose m’est arrivée il y a quelques années
à propos de la bande-son : chaque fois que j’allais
quelque part parler de son il fallait tout reprendre à zéro.
Au bout d’un moment c’est du radotage, ou alors il n’y
a plus de distance critique réflexive. Les livres universitaires
« pointus » qui décrivent le cinéma de
manière cognitiviste sont globalement difficile d’accès,
et pour aller plus loin, il faudrait que leurs idées soient
diffusées au point qu’on puisse s’en servir comme
base de départ, que leur jargon cesse d’apparaître
comme du jargon. Mais ce n’est pas le cas. Pour aller vite,
si un universitaire se spécialise à outrance, il emménage
dans une tour d’ivoire, un carmel - c’est envisageable
dans le cadre des sciences dures (à cause des débouchés
industriels à long terme, par exemple), mais en sciences
humaines j’en doute. Donc ce qui me préoccupe pour
l’heure ce sont des problèmes de visibilité
et de transmission du discours savant trempé aux sciences
cognitives, non la rage d’écrire des articles cryptés
qui intéressent vingt personnes dans le monde cependant que
la culture Coca-Cola balaie tout sur son passage.
Bruno Cornellier
:
Pour terminer, je citerai le fameux article de David Bordwell
qui servit en quelque sorte de ‘prolégomènes’,
en 1989, aux théories cognitives du cinéma et qu’il
concluait en ces mots: « All this could turn out to be wrongheaded
and useless » (6). Que lui répondriez-vous maintenant,
en 2003, presque 15 ans plus tard?
Laurent Jullier :
Useless, pour ce qui est des théories du cinéma, non
: cela aura au moins servi à contredire l’approche
marxiste du dispositif en termes de « tout-culturel »,
à miner le concept psychanalytique d’« identification
secondaire »... etc. Pour ce qui est de l’impact dans
l’espace public, en revanche, oui, ça me convient.
Non seulement le commun des mortels - les millions de spectateurs
de cinéma dans le monde - se moque complètement du
discours universitaire sur les films, mais parmi les quelques amateurs
de ce genre de discours, seul un nombre ridiculement petit a intégré
l’apport des sciences cognitives. Cela dit, des gens comme
Edward Branigan et Torben Grodal, avec qui j’entretiens des
relations épistolaires et dont j’apprécie énormément
les écrits, ne prennent pas ce genre de pose - la «
cause » cognitiviste ne leur apparaît pas comme une
cause perdue, et ils voient une avancée, lente mais certaine,
de son influence face au relativisme ambiant qui ôte toute
puissance heuristique aux sciences humaines. Moi je suis pessimiste.
Comme je le dis en substance dans « Qu’est-ce qu’un
bon film », je sais intimement que 2+2=4, mes mains et mes
yeux me le disent si j’empile des pierres, mais si en face
il y a quelqu’un à la télé et dans les
journaux qui répète que 2+2=5 avec un grand sourire
et de beaux yeux, c’est lui qui emportera le morceau au son
de « je ne vois que ce que je crois ». Je pensais jadis
que la vérité était une question de preuves,
et puis je me suis rendu compte que comme dit Bourdieu c’est
le produit de la lutte... Mais ceci est une autre histoire, qui
dépasse largement le cas minuscule des théories du
cinéma...
(1) Laurent Jullier, Cinéma et cognition, Paris: L’Harmattan,
Coll. « Ouverture philosophique », 2002.
(2) David Bordwell et Noël Carroll (dir.), Post-Theory: Reconstructing
Film Studies, Madison: University of Wisconsin Press, 1996.
(3) David Bordwell, Narration in the Fiction Film, Madison: University
of Wisconsin Press, 1985.
(4) Carl Plantinga, “Cognitive Film Theory: An Insider’s
Appraisal” in CiNéMAS, Vol.12, no 2, “Cinéma
et cognition”, sous la direction de Bernard Perron, hiver
2002, p.18.
(5) Laurent Jullier, L’écran post-moderne. Un cinéma
de l’allusion et du feu d’artifice, Paris : L’Harmattan,
1997.
(6) David Bordwell, “A Case for Cognitivism” in Iris,
no 9, 1989, p.33.
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