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« Je ne pardonnerai jamais à la
pensée marxiste d’avoir fait qu’une partie de
ma vie intellectuelle, pendant quelques années, ait été
celle d’un sot. (…) Heureusement qu’une part de
moi n’est pas rentrée dans ce circuit. C’était,
Dieu merci, la part de ma personne, de mon inspiration, de mon art,
c’est elle seule d’abord qui me sauve de ce naufrage
temporaire du jugement. » (1) (René Allio)
Si René Allio eût de franches sympathies
pour l’idéologie marxiste durant certaines périodes
de sa vie et s’inspira dans son art des théories brechtiennes,
ses œuvres semblent ne pas se réduire uniquement à
ces deux courants. En effet, ce qu’il nomme « la
part de ma personne, de mon inspiration, de mon art »,
dans ce passage d’une de ses multiples notes, répond
à une sensibilité qui s’avère autre,
une émotion liée à « sa » réception
du monde, à sa condition d’artiste, à sa volonté
de comprendre les individus, et à travers eux certainement
lui-même, comme il a pu l’exposer dans son film L’Heure
exquise. (2) Toutes les notes, incluses dans ses Carnets,
expriment le désir de connaître « l’individu
», de le saisir face à ses propres questionnements
sur la vie, face à sa solitude, et tend à le faire
évoluer. Cette recherche de transformation interne de l’être
pour, au final, aider à un changement global de la société,
(3) semble relever davantage d’une conception libertaire (4)
que d’un point de vue marxiste. Chez Allio, cette métamorphose
se produit grâce à son art, (5) notamment filmique,
qui, selon Guy Gauthier, s’exprime surtout par l’imaginaire,
correspondant à la « source énergétique
du changement ». (6)
Au sein de la majeure partie des films de René
Allio se retrouve l’individu face à la société,
ou bien la « masse » en opposition à un système
politique. Dans les deux cas de figure, il s’agit de se placer
contre un ordre établi, contre la Loi, en exerçant
un autre type de raisonnement mû par l’imagination,
par l’utopie.
"L’imagination n’est pas comme
le suggère l’étymologie, la faculté de
former des images de la réalité, elle est la faculté
de former des images qui dépassent la réalité,
qui changent la réalité. "(7)
Dès son premier long métrage à
succès, La vieille dame indigne (8), le
cinéaste adapte la nouvelle de Brecht dans un sens plus large
que celui de l’auteur. Si chez ce dernier, est explicite,
face à la conduite insolite et mystérieuse de la vieille
dame, tout ce qui touche aux réactions extérieures,
sociales et familiales, en revanche chez Allio, le personnage dépasse
cette dichotomie pour tendre vers une recherche de l’absolu,
que l’on sent par ailleurs dans les derniers plans de Rude
journée pour la reine. (9) La vieille dame indigne,
après s’être résolue à ne plus
vivre « pour » les autres, une fois son mari décédé,
s’affirme en tant qu’individu libre, ne devant rien
à personne. (10) Sa vie passe désormais « par
» les autres, par le groupe d’amis anarchistes qu’elle
a choisi, et qui lui donne l’envie de se réaliser.
Le cercle de camarades libertaires tourne autour du cordonnier Alphonse,
qui, comme le souligne Jean-Louis Comolli, (11) représente
la conscience du film. Cette conscience libertaire guide la vieille
Madame Berthe durant tout le film jusqu’aux derniers plans
du long métrage qui affiche son portrait radieux, désormais
orienté vers la lumière du soleil, ayant abandonné
définitivement sa position « d’ombre »
sociale et familiale. Cet absolu du ciel et de la lumière
est aussi proposé à la fin de Rude journée
pour la reine, ou la mère de famille, fatiguée
par sa condition de femme devant tout assumer de front - les difficultés
de son fils, l’autorité de son mari, les demandes de
ses parents et belle-mère, les exigences de ses patrons,
etc. – souffle enfin, assise, à rêver au ciel
bleu, à sa beauté et à son immensité,
après avoir passé une journée remplie d’agitation
et de représentations imaginaires. D’une certaine manière,
Rude journée pour la reine serait l’histoire de la
vie de La vieille dame indigne avant son émancipation. Durant
toute la trame du scénario, Jeanne de Rude journée
pour la reine tente d’impossibles actions et d’imaginaires
tentatives pour permettre à son fils Julien, ex-prisonnier,
de reconquérir sa fiancée et son enfant. Tout en se
confrontant à la réalité quotidienne, elle
s’oppose à ses propres désirs, à son
éducation, à ses conceptions bourgeoises, etc, et
se livre un combat intérieur où les images se superposent,
ou les représentations entrent en conflit. Selon René
Allio, cette femme du peuple, avec ses rêveries de princesse,
« agit finalement, non pas dans l’intérêt
de l’ordre, mais dans celui qui le remet en question ».
(12)
Cette remise en question de l’ordre réalisée
par des personnes du peuple, récurrentes chez le cinéaste,
se sent beaucoup plus fortement encore dans Moi, Pierre
Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur
et mon frère. (13) Ce film, comme Les Camisards,
(14) correspond à un intérêt pour la vie rurale
chez Allio, qui s’oppose à la ville vue à travers
L’Une et l’Autre (15), Pierre et Paul
(16), Rude journée pour la reine ou La
vieille dame indigne. La campagne offre au réalisateur
un cadre « sauvage » où toutes les conceptions
libératrices de base tournent, soit au crime comme dans Moi,
Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère,
ma sœur et mon frère, soit à la guerre
dans Les Camisards. Pierre Rivière, jeune homme sensible,
intelligent et autodidacte, ne supporte pas les malheurs qu’endure
son père, à cause de sa mère exploiteuse, et
décide de mettre fin à cette situation. La Loi se
révélant en faveur de la mère à chaque
nouveau conflit entre les deux parties, cette dernière déployant
une mauvaise foi toujours réitérée, Rivière
passe au-dessus de l’autorité de la justice et finit
par commettre un parricide. Michel Foucault résume la position
du jeune homme en ces termes.
"Tout le drame de Rivière, c’est
un drame du Droit, un drame du Code, de la Loi, c’est toujours
à l’intérieur de cette tragédie là
que se meut le monde paysan. "(17)
Irrésolu par la société bourgeoise
de l’époque, et, toujours insoluble selon Michel Foucault
en 1976 - les magistrats et les médecins ne pouvant le classer
dans aucune catégorie précise - le cas de Rivière
intéressa certainement Allio par « ce trop de savoir,
ce trop de violence et d’imagination » (18) vivant
au sein de cet individu. Foucault et Allio démontrent, dans
la description des actes et des raisonnements de Rivière,
le désengagement évident des autorités, l’incapacité
de ces dernières à résoudre un problème
simple, et finalement, expriment indirectement, uniquement par les
faits, la responsabilité et les failles d’un système
politique. En opposition à la révolte solitaire de
Moi, Pierre Rivière …, Les
Camisards semble être un des seuls films de René
Allio qui développe l’idée de révolution
et d’action collective. Mais là encore, il s’agit
d’une démarche « sauvage », difficilement
contrôlable, et qui sort des cadres communs. Cette «
reconstitution » historique s’attache aussi à
l’organisation interne des Camisards, à
l’aspect libertaire de certaines de leurs pratiques.
"(…) Ces enlèvements sont
raisonnables quand on considère de quels excès sont
capables ces assemblées tumultueuses, où personne
n’est proposé ni autorisé à veiller sur
ce qui s’y passe, où chacun est en droit de dire et
de faire ce qui lui plaît, où la connaissance qu’ils
prennent de leurs forces réunies et de leur nombre est l’occasion
d’y former des projets pour leur propre intérêt
contre celui du Roi, contre la tranquillité de l’Etat
!" (19)
Le retour à l’histoire permet à
Allio de dissoudre aussi dans le temps, les catégories sociales,
pour ne révéler au spectateur que « l’homme
» et ses motivations. Le réalisateur semble apprécier
ce nivellement des valeurs qu’il fera, quelques années
plus tard, ressortir avec le texte de Bossuet lu par la vieille
marquise d’Un médecin des Lumières. (20)
"De quelque distinction que se flattent
les Hommes, ils ont tous la même origine, et cette origine
est petite. Leurs années se poussent successivement comme
des flots, ils ne cessent de s’écouler, tant qu’enfin
après avoir fait un peu plus de bruit et traversé
un peu plus de pays les uns que les autres, ils vont tous ensemble
se fondre dans un abîme où l’on ne reconnaît
plus ni prince, ni Roi, ni toutes ces qualités superbes que
distinguent les Hommes. "(21)
Egaliser les êtres, revenir aux sources de
l’Homme et de ses possibles, sentir ce qui se joue au plus
profond de soi et des autres, c’est aussi l’aventure
de la propre histoire du réalisateur dans le Marseille de
L’Heure exquise, mais aussi, et différemment,
dans celui de Transit (22) ou du Retour
à Marseille (23) Allio s’attache aux individus
en partance, en exil, ou en direction d’un retour vers les
racines, il lie la destinée des êtres entre eux au
détour des rues, ou au milieu de la mer, dans le mouvement
des rencontres de la vie. Le cinéaste, fils d’immigrés,
rejoint en ce sens, les considérations métahistoriques
d’un autre enfant de l’errance, Armand Gatti. René
Allio fond non seulement dans le temps les classes sociales, les
origines, mais il tente aussi de mêler les disciplines artistiques
entre elles. (24) Peinture, cinéma et théâtre
se mélangent dans une volonté, comme chez le libertaire
(25) Gatti, (26) de traiter de l’histoire individuelle de
manière éclatée, sur plusieurs niveaux à
la fois, pour réintégrer en finalité le grand
mouvement universel.
« L’enseignement » ou la «
pédagogie » que l’on peut retirer des œuvres
filmiques d’Allio, tient à la mesure de chaque personnage
individuel traité, à sa liberté d’action
face à la Loi et à l’ordre établi, et
par là même à son exemplarité. En ce
sens, il s’éloigne des Brechtiens et de toutes les
théories proposant un art engagé, (27) pour se rallier
davantage à une pratique esthétique libertaire ouverte
et basée sur la création personnelle.
"(…) Quand à l’idée
d’un art didactique, chère aux Brechtiens de stricte
obédience, si on l’entend dans le sens d’une
prise de parole, grâce à l’art, de quelqu’un
qui détiendrait un savoir et le dispenserait ainsi aux ignorants
opprimés pour leur bien, j’avoue que j’ai beaucoup
de peine à la considérer avec sérieux. Je crois
que l’activité artistique n’est valable que si
elle reflète le trajet parcouru, pour s’enseigner lui-même,
par celui qui y parle, et s’il ne l’impose pas.
" (28)
Allio donne l’impression par son cinéma
que toute personne, par sa vie singulière, même si
elle semble banale, peut apporter une réflexion sur le monde.
Si comme le souligne Michel Foucault, (29) le cinéaste garde
en commun avec Brecht le thème de la quotidienneté,
il s’en différencie par une ouverture des cadres, et
un goût prononcé pour le thème de la solitude
individuelle. (30) Chaque personnage décrit par Allio dans
ses films, tente de trouver une solution, d’abord imaginée
puis mise en action, pour s’épanouir à sa manière,
pour se vivre tel qu’il est, en dehors des structures imposées.
Certains échouent comme Pierre Rivière, et Pierre
dans Pierre et Paul (31) tandis que d’autres
s’inventent des figures différentes comme Anne dans
L’Une et l’Autre (32) ou Jeanne dans
Rude journée pour une reine. Enfin, d’aucuns «
se rencontrent » comme Madame Berthe dans La vieille
dame indigne ou comme Gerhardt dans Transit.
Cette recherche vers « sa propre vérité
», qui existe au sein de chacun des rôles présentés,
compose généralement le fil directeur des films d’Allio,
constitués de chemins, de trajets, de passages, souvent instables,
toujours intéressants, voire troublants. La liberté
et l’imaginaire des figures exposées par le réalisateur
s’opposent toujours aux normes communément admises.
" (…) Le plus important, c’est
avant tout ce qu’on ressent en soi-même, et il faut
pour cela se débarrasser du « flic » que l’on
a dans la tête. " (33)
Son « exploration sentimentale », comme
il le nomme dans L’Heure exquise, et son
opposition à la Loi et à l’ordre de la société,
comme il en témoigne dans tous ses films et notamment dans
Retour à Marseille (34) s’infiltrent
plus ou moins explicitement dans chaque personnage créé,
et fait de lui un cinéaste à part, proposant une vision
libertaire mettant en exergue l’individualité sensible
et affranchie.
Isabelle Marinone vient d'écrire une thèse intitulée
"Anarchisme et cinéma en France" à l'Université
Paris I-Panthéon-Sorbonne.
__________________
Notes :
(1) Note de René Allio, le 2/7/1983, in Carnets, Paris, Lieu
Commun, 1991, p. 164.
(2) L’Heure exquise (1980).
(3) STIRNER Max, L’Unique et sa propriété, (1844),
réédité à Lausanne, L’Age d’Homme,
1972, p. 197, 198 :
« (…) Libère-toi autant que tu peux, et tu auras
fait tout ce qui t’incombe, car il n’est pas donné
à tout le monde de briser toutes les barrières ou,
plus explicitement : ce qui est une barrière pour l’un
ne l’est pas nécessairement pour tous. Aussi ne t’épuise
pas contre les barrières des autres : il suffit que tu abattes
les tiennes. Qui a jamais réussi à abattre ne serait-ce
qu’un barrière pour tous les hommes ? N’y a-t-il
pas, aujourd’hui comme de tout temps, des milliers et des
milliers de gens à courir les rues avec « toutes les
limites de l’homme » ? Celui qui renverse une de ses
barrières peut ainsi avoir montré aux autres la voie
et la manière, le renversement de leurs barrières
reste leur affaire. D’ailleurs, personne ne fait autre chose
: exiger des gens qu’ils deviennent tout à fait hommes,
c’est leur demander d’abattre toutes les limites humaines.
Or, c’est impossible, parce que (…) seules les miennes
me regardent et ce sont les seules que je puisse forcer. »
(4) MALATO Charles, Philosophie de l’Anarchie, Paris, Stock,
1897, p. 111 :
« (…) L’humanité, en effet, est un homme
qui se perfectionne toujours et ne meut jamais : l’homme est
un résumé de l’humanité. »
(5) Note de René Allio, le 3/1/1973, in Carnets, Op.cit,
p. 56 :
« Ce n’est que si l’artiste s’est changé
par son art que les autres (personnes) ont quelques chances de tirer
profit pour eux-mêmes dans cet art, de ce changement. »
(6) GAUTHIER Guy, Les chemins de René Allio, Paris, Cerf,
1993, p. 144.
(7) BACHELARD Gaston, L’eau et les rêves, Paris, José
Corti, 1942, p. 285.
(8) La vieille dame indigne (1965).
(9) Rude journée pour la reine (1973).
(10) STIRNER Max, L’Unique et sa propriété,
Op.cit, p. 231 :
« (…) Si l’individu s’élève
au-dessus des frontières de son individualité, c’est
précisément lui-même en tant qu’individu
qui s’élève, il n’est en effet qu’en
s’élevant, en ne demeurant pas ce qu’il est :
sinon, il serait fini, mort. (…) Etre un homme ne signifie
pas remplir l’idéal de l’homme, mais se manifester
soi, individu (…). C’est Moi qui suis mon espèce,
sans norme, loi ni modèle. »
(11) COMOLLI Jean-Louis, « Les miettes de l’existence
/ La vieille dame indigne », Paris, Cahiers du Cinéma,
mai-juin 1965, p. 126.
(12) ALLIO René, « A propos de Rude journée
pour la reine », Paris, Cahiers du Cinéma, fevrier-mars
1974, p. 22.
(13) Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère,
ma sœur et mon frère (1975).
(14) Les Camisards (1970).
(15) L’Une et l’Autre (1967).
(16) Pierre et Paul (1969).
(17) KANE Pascal, « Entretien avec Michel Foucault »,
Paris, Cahiers du Cinéma, novembre 1976, p. 53.
(18) TOUBIANA Serge, « Celui qui en sait trop », Ibidem,
p. 48.
(19) Extrait du monologue du Capitaine Poul, in Scénario
Les Camisards (ou vie et mort de Gédéon Laporte) de
René Allio et Jean Jourdheuil, p. 9 (Fonds Scénarios
des Archives de la BIFI / Cote : SCEN 0430 / 1399 S).
(20) Un médecin des Lumières (1987).
(21) ALLIO René et JOURDHEUIL Jean, Un médecin des
Lumières, Paris, Actes Sud, 1988, p. 270.
(22) Transit (1991).
(23) Retour à Marseille (1980).
(24) GODARD Jean-Luc, DELAHAYE Michel, « Deux arts en un /
René Allio et Antoine Bourseiller, entretien », Paris,
Cahiers du Cinéma, avril 1966, p. 52 :
« (…) On a d’ailleurs tort de trop penser par
catégories, le cinéma, le théâtre …
»
(25) Entretien avec Armand Gatti réalisé par Isabelle
Marinone, le 31 mars 2004, p. 6 (in Thèse de Doctorat sous
la Direction de Jean A. Gili et Nicole Brenez, Université
Paris I-Panthéon-Sorbonne, « Anarchisme et Cinéma
: Panoramique sur une histoire du 7ème art français
virée au noir », 2004) :
« (…) Tu vois, il y a encore un anarchiste devant toi.
La chose dont je souffre le plus aujourd’hui, c’est
le mensonge que l’on fait avaler aux gens sur « l’anarchie
». Désordre … Pour moi, durant toute ma vie,
l’anarchie, ça a été ma pierre précieuse.
Cela me révolte de voir ce que la bourgeoisie a fait du mot
« anarchie » ! »
(26) COMOLLI Jean-Louis, BONTEMPS Jacques, « René Allio,
Du bon usage du modèle : entretien avec René Allio
», Paris, Cahiers du Cinéma, décembre 1967,
p. 46 :
« (…) Au théâtre, on doit passer par des
mises en œuvre matérielles qui oblitèrent complètement
le passage d’un élément à l’autre,
ou d’un lieu à l’autre, ou d’un mouvement
à l’autre. Je ne connais qu’une seule personne
qui ait réussi quelque chose de ce genre au théâtre,
c’est Gatti dans « Chant public pour deux chaises électriques
». (…) Il y avait un grand flux de matière théâtrale
sur le plateau : l’histoire racontée à tous
les niveaux à la fois. »
(27) Note de René Allio, le 18/8/1977, in Carnets, Op.cit,
p. 68 :
« La demande de toute théorie révolutionnaire
pour un art engagé n’est rien d’autre qu’une
nouvelle entreprise de normalisation de la parole artistique, une
autre et nouvelle façon de faire taire quelque chose qui
a toujours dérangé le pouvoir, le « révolutionnaire
» connu, le bourgeois, en ce qu’ils sont tous deux normatifs.
»
(28) ALLIO René, « A propos de Rude journée
pour la reine », Op.cit, p. 22.
(29) GAUTHIER Guy, « Entretien avec Michel Foucault »,
Paris, La Revue du Cinéma, décembre 1976, p. 38 :
« (…) Il y a tout le problème du quotidien chez
Allio, depuis la dramaturgie Brechtienne jusqu’à ce
qu’il essaie de faire maintenant et qui est très loin
de Brecht. »
(30) COMOLLI Jean-Louis, BONTEMPS Jacques, « René Allio,
Du bon usage du modèle : entretien avec René Allio
», Op.cit, p. 42 :
« (…) Je crois que la partie la plus réussie
de La vieille dame indigne, c’était lorsque l’on
voyait sa vie solitaire dans la maison. C’est en tout cas
ce qui m’était le plus personnel et tout ce film-ci
est au fond le fruit de ce souci-là. Et c’est en cela
aussi que L’Une et l’Autre poursuit un propos commencé
dans La vieille dame. »
(31) Scénario Pierre et Paul de René Allio et Serge
Ganzl, in Fonds Scénarios des Archives de la BIFI / Cote
: SCEN 2137 / 1589 S.
(32) Scénario Nounou ! Ma petite Nounou … qui deviendra
L’Une et l’Autre, in Fonds Scénarios des Archives
de la BIFI / SCEN 2784.
(33) ALLIO René, « Emotion et politique » (mars
1993), in GAUTHIER Guy, Les chemins de René Allio, Op.cit,
p. 228.
(34) Note de René Allio, le 10/9/1980, in Carnets, Op.cit,
p. 130 :
« Personne ne semble s’apercevoir de quoi parle le film
: de la Loi et de l’ordre. »
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