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Il
s’agit dans cet essai d’étudier et de penser
le hors-champ du cinéma des premiers temps. A préciser
deux choses que l’on se doit d’énoncer avant
d’entamer cet essai, d’abord, entendons nous sur l’étendue
périodique du terme « premiers temps », prenant
en considération le hors-champ comme sujet central. L’institutionnalisation
du hors-champ est difficile à dater puisqu’on le retrouve
chez les pionniers tels Lumière, Méliès, Edison
et donc à la genèse du medium, et figure aussi de
façon plus narrative et constructive chez Hepworth, Griffith
et d’autres cinéastes de la relève. Comme conscience
spectatorielle, le non-vu préfigure dans les tous premiers
films, à commencer par « Entrée d’un train
à la gare de Ciotat » (Lumière, 1895), mais
comme conscience narrative et esthétique, le hors champ ne
pris un caractère officiel que vingt ans après son
avènement, avec des films comme « Amour Pédestre
» (Fabre, 1914). En gros, la tranche de temps qui nous intéresse
couvre la période qui sépare les deux films mentionnés
ci-dessus, (à l’exception de deux exemples «
Variétés » 1922 et « Nana » 1926,
pertinents pour notre étude). Un deuxième point à
signaler est en rapport avec le regard et approche téléologique
que l’on porte au cinéma des premiers temps. Nous comptons
étudier le hors- champ en tant que phénomène
filmique, langage cinématographique ou même hasard
esthétique en s’abstenant de tomber dans les pièges
du regard historique que l’on porte au cinéma. Effectivement,
notre compréhension du développement cinématographique
est telle, qu’il peut être encombrant pour un recherchiste,
étudiant ou spectateur de faire table rase de ses connaissances
en analysant ou même visionnant ces premiers films.
La question que nous nous posons au préalable est de savoir
comment rendre compte du hors-champ à ses débuts ;
par périodicité, historicité, théorisation
? Les débuts d’une approche (cinématographique)
qui trouve une place dans le temps se doit à priori d’être
étudiée diachroniquement et donc dans son évolution
temporelle, aussi bien que synchroniquement, à un moment
donné de cette évolution, puisque tout commencement
se fonde sur des éléments et la théorisation
de ceux-ci, permettant leur agencement, leur devenir, et éventuellement
leur institutionnalisation.
Le hors-champ s’est forgé une place
narrative, esthétique et spectatorielle un peu par tâtonnement.
Nous discuterons ainsi d’un côté des différents
agencements cinématographiques du hors-champ que ce soit
entre autres par l’utilisation spatiale du personnage, les
mouvements de camera, le montage, en l’occurrence le montage
alterné développé dans « Le Médecin
du Château » (Firme Pathé, 1908) et « The
Lonely Villa » (D.W. Griffith, 1908), ou de par le cadre comme
outil de la mise en scène comme on le verra dans «
A Chess Dispute » (R.W. Paul, 1905). D’un autre côté,
nous chercherons à maintenir simultanément un regard
théorique sur le hors-champ dans son accroissement langagier,
dans son apport au cinéma de la période à étudier
et de son pouvoir à penser et repenser le spatio-temporel
au fur et à mesure que l’aspect narratif des films
se développe et devient plus complexe.
Dans son « Esthétique du Film »,
Jacques Aumont défini particulièrement bien le hors-champ
en écrivant que celui-ci est : « l’ensemble des
éléments (personnages, décors, etc.) qui, n’étant
pas inclus dans le champ, lui sont néanmoins rattachés
imaginairement, pour le spectateur, par un moyen quelconque »
(1). En d’autres termes, le hors-champ serait la conscientisation
du spectateur d’un prolongement spatiale, qu’il se doit
d’imaginer et de mettre en place au sein du récit.
Aumont distingue trois formes principales de hors champ que l’on
retrouvait dans les premiers films. D’abord et surtout les
entrées dans le champ et sorties du champ par les bords latéraux
du cadre, le haut ou le bas. En 1895 l’opérateur ne
dispose que d’une seule bande, c’est pourquoi l’emplacement
de la caméra de même que les déplacements sont
prévus à l’avance et répétés.
Mais comme les vues Lumière étaient presque entièrement
tournées en extérieur, ceci n’empêchait
pas les imprévus de la part des passant qui n’hésitaient
pas à rentrer et à sortir du cadre. Les entrées
et sorties comme nous le verront tout a l’heure ne faisaient
pas partie de la mise en scène, elles étaient plutôt
vues comme des erreurs de tournage, il fallait attendre les premières
mises en scène exhaustive pour accepter ce phénomène
comme faisant parti du narratif. Aussi, le hors-champ peut être
défini par des personnages dont une partie se trouve hors-cadre.
Nous verrons plus tard deux exemples pertinents faisant systématiquement
usage de l’espace off, « A Chess Dispute » (R.W.
Paul, 1903) qui fait intervenir le cadre comme élément
actif de la mise en scène, et « Variétés
» (Dupont, 1922) qui utilise le hors champ comme litote, une
utilisation sémiologique de celui-ci qui suggère le
rapport direct entre le non-vu et l’assomption du spectateur.
« Amore Pedestre », film du mouvement futuriste est
aussi un exemple approprié de l’utilisation esthétique
du hors-champ pour conter une histoire. Troisième façon
de suggérer le hors-champ est l’interpellation de celui-ci
par un élément du champ. Le moyen le plus utilisé
est le regard hors-champ. Certains films au tournant du siècle
dernier utilisèrent le regard pour appeler au prolongement
spatial, à l’existence d’un protagoniste qui
se cache en dehors du cadre, ou d’un événement
à venir, insufflé par l’action dans le champ.
« Attack on a China mission » (James Williamson, 1901)
est l’un des premiers films à utiliser ce langage suggestif
d’une action non-vue. Une femme sur un balcon agite son mouchoir
comme pour appeler au secours, cet appel est une preuve du prolongement
spatial qui s’établit entre le vu du cadre et le non-vu
de l’arriere-caméra, direction vers laquelle le mouchoir
est agité. Une quatrième forme qui a priori ne s’applique
pas au cinéma muet est le son. Non pas le son extra-diégétique
émanant d’une musique extérieure au récit,
mais le son intra-diégétique suggéré
par les gesticulations et mimes, amalgamées au contexte de
l’action. « La soi-disant ère muette du cinéma,
un fait de base qui à besoin d’être souligné,
n’invoque pas nécessairement l’audition, mais
invoque tout de même une compréhension » (2).
Nous verrons plus tard, comment la suggestion du non-entendu dans
« Le médecin du Château » (Pathé,
1908) conduit à une suggestion du non-vu.
Au commencement, quand les « Lumière
» furent, le chasseur d’image ou cadreur, qu’on
qualifierait aujourd’hui de réalisateur, cherchait
à maintenir l’action dans son cadre, en se souciant
d’abord de la continuité du profilmique, que le hors
champ pouvait perturber par les entrées et sorties des badauds.
Au tout début donc, le hors-champ était l’ennemi
du cinéma. Les caméramans des frères Lumière
se heurtaient dans les films de vue aux interventions des flâneurs
(3) dans l’avant-champ. Dans « Rome : Cortège
au Mariage du Prince de Naples » (Lumière, No 283),
un soldat en uniforme armé d’un sabre, rentre brusquement
dans le champ du profilmique pour chasser des curieux qui ont envahi
le cadre et qui, de par leur empiétement, ont vole le spectacle
à l’observateur. Une intervention similaire se produit
dans « Paris : Bassin des Tuileries » (Lumière
No 150) où un jeune homme est brutalement écarté
pour s’être arrêté devant le spectacle
que le cadreur s’entreprenait à filmer.
Dans les vues plus narratives, il s’agissait
de garder une action centripète au sein du cadre. «
L’arroseur arrosé » (Lumière, 1895) en
est un exemple parfait. Le film montre un gamin jouant un vilain
tour à l’arroseur avant de prendre la fuite vers la
partie supérieure du cadre. Il est rattrapé avant
sa sortie qui aurait provoque une rupture de l’événement,
et donc une rupture de la continuité. « C’est
la condition de survie de l’événement filmique
que l’instance actorielle doit assurer en respectant les limites
imposées par le cadre, sinon la sortie du hors-cadre est
considérée une défection du profilmique ».
(4) Dans « La
Sortie des usines Lumière » (Lumière,
1895), où l’action est centrifuge, les employés
sortent des deux côtés du cadre, mais le regard spectatorielle
est tout de même dirigé au centre du cadre, là
où l’action congruente se déroule. L’angle
de prise de vue de « Policeman Parade, Chicago » (Lumière,
No 336) est en diagonale, créant l’impression d’un
interminable défilement de policiers. Les entrées
et sorties ne change rien à l’action centripète,
le nombre des sortants étant égal au nombre des rentrants.
Ce film de par le hors-champ est probablement le premier à
mettre en relief une idée, même une idéologie
de puissance. L’utilisation de ce hors-champ est prémonitoire
à l’utilisation a venir du travelling horizontal.
Nous sommes en 1895, le chasseur d’image
est un apprenti spectateur qui tente de s’imaginer l’effet
qu’aura sa monstration sur le public. Il sait déjà
que le hors-champ est un danger du métier, il capte l’action
et en décapite ce qui peut détromper la continuité.
Dans « Loubet aux Course » (Lumière, 1899), Lorsque
le président Loubet sort inopinément du cadre, l’opérateur
à le réflexe d’arrêter le tournage pour
le reprendre au moment opportun, créant donc un film pluri-ponctuel
sans mettre en péril la continuité de la vue. Par
contre, les preneurs de vue d’Edison se préoccupaient
moins des entrées dans le cadre. Effectivement ces interventions
ajoutaient à la narrativité des vues ou fictions.
Dans « Seminary Girls » (Edison, 1896), des filles en
pension se débattent avec des coussins quand la gouvernante
rentre par une porte du haut du cadre. Il y a utilisation directe
du hors-champ pour faire intervenir un personnage. « Feeding
the Doves » (Edison, 1896) est une vue montrant une femme
lançant du pain aux pigeons qui créent un mouvement
de va et vient en sortant du haut du cadre et réapparaissant
du côté droit du cadre. Il est difficile à dire
si la délimitation du cadre est intentionnelle, mais les
conditions de tournage des vues ainsi que le mouvement délibéré
et imprévu des pigeons nous porte à croire à
la coïncidence.
Du paradigme Lumière nous passons au paradigme
Méliès. Nous avons évoqué jusque là
l’existence d’un hors-champ crée par l’existence
même du cadre. Les films Lumière voulaient que l’instance
spectatorielle réfute le hors-champ comme partie intégrante
de la prise de vue en centralisant l’action ou en coupant
la bande pour réamorcer une action continue. L’existence
même du hors-champ dans les vues Lumière suscite sa
non-existence dans le sens où le regard du spectateur est
toujours guidé vers le centre, vers l’action visuelle
alors que chez Méliès c’est l’abstraction
du hors-champ qui interroge le spectateur sur son éventuelle
existence. Nous pouvons argumenter deux approches du hors-champ
chez Méliès, d’abord celle de l’homogénéité
du vu et du non-vu appartenant à un même espace imaginaire
parfaitement homogène appelé espace filmique, ensuite
à une conception plus technique qui serait l’hétérogénéité
du hors-champ par rapport au champ qui serait l’espace de
la production où joue tout l’appareillage technique,
le travail de la réalisation, et dans le cas spécifique
de Méliès, le changement de décor.
C’est avec Méliès et ses vues
a transformation que l’on pourra pour la première fois
« articuler de manière très précise un
état primitif du hors-champ, une disposition spécifique
et originaire ». (5) Dans ses films, le personnage se substitue,
change de vêtement, disparaît, ou même change
de place au niveau du même cadre, il y a donc un truquage,
une saute, où le personnage, en temps réel, sort du
cadre, se rhabille, et y retourne pour continuer le tournage. «
le laps de temps écoulé entre l’arrêt
de la camera et sa remise en marche à pour fonction de permettre
au personnage de sortir du champ, de changer de vêtements
et de réapparaître ainsi, dans sa nouvelle mise, instantanément
métamorphosé dans la diégèse grâce
à la saute. » (6) Pour le spectateur de 1897, il y
a éblouissement, la magie théâtrale s’est
transférée à l’écran, il se questionne
sur ces trucages et leur agencement, et prend conscience d’un
espace filmique. Ces sautes articulent plus un état du hors-champ
qu’une complétude théorique, elles énoncent
une idée conceptuelle du hors champ. « Sur le plan
spatial, le cinéma de Méliès se défini
comme un cinéma du dedans reposant essentiellement sur une
conception de l’écran comme cadre centripète
» (7). En d’autres terme, dans les vues à transformations
conçues par Méliès, tout est déjà
dans le plan, il n’y a pas « d’ailleurs »
(8) du plan. Le plan s’autossufit et n’a nullement besoin
du hors-champ pour former une complétude, ce que Noël
Burch appelle « l’Autarcie du Plan ». Le plan
constitue donc un tout de par lui-même, c’est une entité
en soi. C’est tout à fait la différence paradoxale
avec les films des Lumière, ou les spectateurs sont conscients
du hors-champ mais ni porte aucune attention alors que Méliès
conscientise sur le non-vu par son effacement. « Si originellement,
essentiellement, le cinématographe Lumière est dédoublement,
le cinéma Méliès lui, originellement, essentiellement,
est métamorphose. » (9) C’est le faux-raccord
qui dynamise l’espace de la diégèse, le hors-champ
n’existant pas, une force se doit de prendre sa place. En
plus du hors-champ spatial, l’institution d’une forme
de hors-champ temporel à lieu de par la manipulation mise
en œuvre par l’arrêt de camera et la modification
de l’espace.
Si l’on s’attarde sur Méliès
c’est évidemment parce qu’il est le chef de fil
de ce cinéma prestidigitateur et qu’il aurait surtout
écrit un important article intitule « Les vues cinématographiques
», publie en 1907, et qui serait le premier essai théorique
du cinéma dans lequel il analyse entre autres l’effet
des sautes. Ces sautes obéissent aux quatre opérations
rhétoriques fondamentales à commencer par la suppression,
initiée dans « Escamotage d’une dame au Théâtre
Robert-Houdin » (Méliès, 1896) ou encore dans
« La Conquête du Pole » (1912) où le hors-champ
suggère la disparition d’un explorateur qui se serait
fait avaler par le monstre. La suppression insuffle donc une sortie
du champ qui ne serait pas diégétique, mais qui induit
une continuité homo-cadre qu’on appelle « uniponctualité
apparente » (10). En second lieu l’adjonction est quand
à elle orientée vers la figure de l’apparition
ou réapparition. La victime du monstre, pour reprendre l’exemple
suivant est recrachée suite aux coups de fusil des explorateurs.
L’adjonction à un aspect presque hallucinatoire dans
« A Man and his Bottle (Hepworth, 1908) où la saute
adjonctive est exploitée pour montrer les divagations du
personnage principal, sous l’effet de l’alcool. Une
troisième saute est la substitution qui transforme un passage
du rien au tout ou du tout au rien ou un personnage de lui-même
a un autre. Dans « Le Cycliste et la Sorcière »
(Larsen, 1909), un cycliste est transformé en clochard par
un geste sorcellaire. « La saute substitutive permet au réalisateur
de donner consistance sur pellicule aux pouvoirs surnaturels […]
d’ouvrir le champ de la diégèse au féerique,
à l’illusion, à l’irréalisme, sinon
au fantasme. » (11) Le dernier type de saute est la permutation,
ou celle-ci modifie au sein du cadre les places respectivement occupées
par les décors ou personnage. « Le Diable au manoir
» (Méliès, 1896) démontre un redéploiement
des chaises qui résulte en un exercice réussi du burlesque.
Tous ces trucages impliquent une modification du
champ, qui, dans un cas non illusionnant, viendrait du hors-champ.
Or, l’utilisation du hors-champ est elle-même diégétique
nous insinuant à penser que le champ lui-même incorpore
le hors-champ. L’assassinat du hors champ par Méliès
entraîne la première cogitation sur le phénomène
même de tournage. Entendons nous sur le fait que Méliès
avait pour but primordial d’amuser son publique et non d’ouvrir
les horizons de la théorie du hors-champ. A ce sujet, «
Il [Pascal Bonitzer] aborde la question du hors-champ « anti-classique
», qui serait hétérogène au champ, se
définissant comme l’espace de la production au sens
large du mot » (12). Méliès ne serait-il pas
le précurseur de l’approche prise par Bonitzer ? Ce
dernier incorpore même l’idée du leurre dans
son concept du hors-champ technique, « Un tel point de vue
[espace de la production] est loin d’être sans intérêt
; il a en particulier la vertu de mettre fortement l’accent
sur le leurre que constitue la représentation filmique, en
occultant aussi systématiquement toute trace de sa production
» et d’ajouter plus loin qu’il serait plus adéquat
de définir le hors-champ comme hors-cadre : « Ce terme,
qui a l’inconvénient d’être peu usité,
offre en revanche l’intérêt de référer
directement au cadre […] à un artefact de la production
du film, et non au champ, qui est, lui, déjà pleinement
pris dans l’illusion. » (13)
Finalement, autant que le cinéma des frères
Lumière et celui de Méliès se divergent dans
leur genre ; prétention documentaire versus prétention
fictionnelle, naturalisme versus spectacle, aucun des deux ne peut
nier l’importance de la monstration centripète, le
reflux de toute l’action au centre de l’image. La particularité
du hors-champ chez Méliès étant de contracter
ou resserrer l’action vers son centre de gravité à
tel point que les personnages, décors ou autres éléments
diégétiques ne peuvent apparaître, se dissiper,
se substituer ou se permuter que dans l’instantanéité
de la saute, sans contraindre ces éléments à
faire usage des bords latéraux du cadre. Le Hors-Camp chez
Méliès est, comme on l’a vu, un moteur de continuité
de l’illusion, un vide qu’on peut designer de faux raccord
qui enchaîne l’action, techniquement mis, en arrêt
de la camera. Méliès sacrifie le hors-champ diégétique
pour centrer et donner l’impression d’enchaînement
fluide de l’action. Pour ce, il a ramené le dehors
dans le dedans, emprisonnant le non-vu dans le vu. Méliès
a même prouvé que le hors-champ reste un espace imaginaire
même quand désigné, puisqu’en fin de compte
ce qu’on ne voit pas fait aussi parti de l’espace technique
de la production. Il ne fut pas le seul à montrer, ou plutôt
conscientiser le spectateur sur le prolongement du hors-champ dans
les coulisses, mais il était le premier à fragmenter
son usage et établir une pensée systématique
et ultérieurement structurale du hors champ.
La grande différence au sein du hors-champ
entre les vues à transformations de Méliès
et les « films a sujets composés » (14) de Porter,
Edison, Williamson, etc. c’est le hors-champ comme zone morte
et le hors-champ comme prolongement filmique. Ces films narratifs,
hormis « les vues de plein air » (15) des Lumière
faisaient usage systématique et non structurale de l’espace-off.
Prenons l’exemple de « A Chess Dispute » (R.W.
Paul, 1903) et « Variétés » (Dupont, 1922)
qui tout deux utilisent le cadre comme élément actif
de la mise en scène. Le film de R.W. Paul qui se caractérise
par un recours burlesque du hors-champ, situé dans le prolongement
du bord inférieur du cadre, est le récit de deux hommes
jouant paisiblement une partie d’échec. Suite à
une tricherie, une dispute a lieu et la situation dégénère
rapidement. Les deux hommes se jettent à terre (par insinuation
puisque le cadre ne change pas), le bord inférieur du cadre
joue comme une censure puisqu’on ne voit que des bras, des
jambes et des morceaux de vêtements faire surface, disparaître
en dessous de l’écran et réapparaître
à nouveau pour simuler une bagarre violente. Vers la fin,
le maître arrive et sépare les protagonistes que l’on
voit dans le champ, défigurés, ensanglantés,
vêtement déchiquetés. Le hors champ dans ce
film est utilisé pour intensifier le côté spectaculaire
et burlesque de la vue mais aussi à un rôle d’ellipse
donnant l’idée que la bagarre à une durée
diégétiquement prolongée. « […]
La tache principale des acteurs consiste non pas à rester
dans le cadre, mais à accorder leur jeu au cadrage, à
jouer consciemment avec ses bords, ce qui permet de produire l’impression
d’une bagarre très violente. » (16) Effectivement,
le champ va confirmer ce que le hors-champ suggérait. Mais
dans ce genre de film qui se rapproche aux vues à transformations
de Méliès d’abord par leur arrêt de camera,
et donc manipulation filmographique et ensuite par leur uniponctualité
apparente, le hors-champ n’est qu’un langage attractionel
et non discursif. Le film muet qui sera considéré
comme le plus significatif dans son approche structurale du hors-champ
est « Variétés ». Ce film établi
pour la première fois une approche sémiologique du
rapport entre le vu et le non vu. Le récit de ce film est
très proche au dernier. Deux protagonistes se bagarrent en
se roulant parterre, laissant le cadre temporairement vide puis
un bras allongé muni d’un couteau fait surface dans
le champ avant de replonger dans l’espace-off. Quelques secondes
s’écoulent avant que l’un des deux, qui on l’aura
deviné aurait porté le coup mortel, se relève
et apparaît dans le champ. Le hors-champ dans ce cas ne crée
pas d’ellipse comme l’aurait fait « A Chess dispute
», mais un lien direct avec le spectateur. Le vide dans l’image
entre la bagarre imaginaire et l’apparition du couteau et
ensuite entre le cadre abandonné jusqu'à l’apparition
d’un homme dans le champ, relève d’un temps réel
crée par la confirmation attendue du champ sur ce qui se
tramait en dehors de celui-ci. Mais ce qui est réellement
novateur dans l’utilisation de ce hors-champ c’est la
forme de figure de style qui crée du sens, l’apparition
et la disparition du couteau suggère une litote qui en dit
le moins possible sur la situation, effectivement en cachant l’action,
pour signifier plus. Certains films, rare en l’occurrence,
font usage du hors-champ de manière purement esthétique,
sans insinuation, ou ajout narratif. « Amour Pédestre
» film italien du mouvement futuriste, est l’histoire
d’une rencontre qui éclose en relation amoureuse. Tous
les plans sont cadrés au niveau supérieur des genoux,
les personnages s’exprimant donc par leurs pieds. Le hors-champ
pour la première fois s’isole comme un langage en soit,
un langage artistique d’abord qui ouvre le chemin au cinéma
expérimental, et un langage narratif qui développe
une histoire laissant au spectateur libre cours de lier la logique
a l’imaginaire puisque le hors-champ dans ce cas est en parfaite
complétude au champ, sachant que le non-vu n’est autre
que la partie supérieure des corps dans le cadre.
Dans les films homo-cadre, à l’exception
des vues à transformations qui incorporent le non-vu dans
le vu, le hors-champ reste imaginaire puisqu’il nous est jamais
révélé, dans les deux exemples que nous venons
de voir, il n’y a ni montage qui viennent nous montrer l’espace
abstrait, ou les coulisses de l’action, ni mouvements de camera
qui puissent mettre au clair ce que le hors-champ suggérait.
Le seul espace, celui de la révélation, est le cadre,
ou les événements qui ont eu lieu en dehors du regard
du spectateur viennent prouver l’existence de ce hors-champ.
Le cinéma a ce pouvoir divin de faire croire aux plus sceptiques
ce qu’ils ne peuvent voir. Un exemple étudié
par Noël Burch dans son approche empirique est le film «
Nana » (Renoir, 1926), où il fragmente le concret et
l’imaginaire du hors-champ. « Lorsque dans Nana la main
de l’impresario entre dans le champ pour prendre la coquetière,
l’espace ou celui-ci se trouve et qu’il définit
est imaginaire, puisqu’on ne l’a pas encore vu, qu’on
ne sait pas à qui appartient ce bras. Mais au moment du raccord
dans l’axe qui nous révèle la scène dans
son ensemble, cet espace devient rétrospectivement concret.
» (17) Williamson utilise dans« Attack on a China Mission
» les deux formes concrète et imaginaire du hors-champ.
D’abord la maison dans laquelle la femme et le bébé
vont prendre refuge est une cache dans le cadre. Les Boxers pénètrent
dans la maison pour y mettre le feu, mais l’action nous est
cachée, ce hors-champ est imaginaire. Quelques instants plus
tard, la femme sort au balcon confirmant qu’elle aurait survécu
et vraissemblement combattu les assaillants à l’intérieur
de la demeure. Le hors-champ imaginaire de par son nom, permet au
spectateur de construire son propre récit entre le vraisemblable
et l’improvisation de l’imaginaire. Ensuite, la femme
agite son mouchoir et l’on voit en contre-champ les marins
venir à la rescousse. De cause à effet, le contre-champ
va concrétiser le hors-champ, on parle du devnir-champ du
hors-champ. « Au théâtre, l’espace-off
l’est, off, sans recours. Au cinéma au contraire, il
entre dans la dimension du temps et du mouvement, le hors-champ
(un certain hors-champ) devient champ, et inversement par le jeu
du champ contre champ. » (18)
En 1903, les premiers mouvements de camera sont
un tournant dans la façon de voir et de penser le hors-champ.
L’action se déroule au sein du cadre bien qu’il
soit paralysé, mais avec la genèse du mouvement «
la camera va se libérer, les objets ne vont pas circuler
autour de la camera, mais la camera autour des objets […]
Ce phénomène est lourd de conséquences quant
au statut de la vue ou du cadre, le hors-champ se libère
du champ et s’en va coloniser les territoires limitrophes
aux quatre bords du cadre, il devient proprement hors-champ, il
consacre alors un dehors véritable. » (19) Les mouvements
de camera permettent, contrairement aux sautes de Méliès,
l’effacement du champ qui donne place au hors-champ, de faire
découvrir et valoir ce qu’on ne voyait pas en créant
un effet surprise, concept utilisé dans les films de poursuites
et de bandits. Ils permettent d’utiliser le hors-champ de
manière plus appropriée au récit que le montage,
ou les films homo cadre. Le déplacement de la camera, en
concrétisant le hors-champ et faisant découvrir ce
qui se cachait va mettre le spectateur à un niveau supérieur
de la connaissance du récit par rapport aux personnages de
la diégèse, c’est le début de la focalisation
et donc de l’interaction direct du spectateur avec le récit
du film.
« Hooligan in Jail » (Edison, 1903)
est le premier film au travelling avant. Le travelling sur un prisonnier
dans sa cellule met en évidence les mimiques de ce dernier.
Premier film donc qui restreint le champ de par son mouvement de
caméra et non le mouvement du décor habilement utilisé
chez Méliès. On se rend compte que par élimination
on peut mettre en évidence une action centripète.
Ce mouvement de l’avant invitait le spectateur à s’impliquer
davantage dans la diégèse. Dans « Western Stage
Coach Hold-up » (Edison, 1904), on prend conscience de l’effet
organique et dictateur de la camera qui dirige le regard du spectateur.
Le film, en un seul plan, développe une série complexe
de panoramiques vers la droite et vers la gauche, de manière
à suivre les mouvements des bandits et de la diligence. Un
tel panoramique vers les personnages hors-champ accroît la
tension dramatique du film de manière beaucoup plus consciente
que ne le faisaient les premiers efforts accidentels. D’autres
films comme « The Lost Child » (Biograph, 1904) ou «
Stolen by Gypsies » (Edison, 1905) utilisent le panoramique
pour créer un effet de suspense et d’angoisse vu que
la camera va révéler au spectateur ce que les personnages
concernés ne peuvent voir (effet de marque chez Hitchcock).
Dans « Stollen by Gypsies », une bonne s’occupe
d’un bébé à l’extérieur
de la maison. Un homme entre dans le champ et s’empare de
l’enfant alors que la bonne n’y porte aucune attention.
La camera suit le kidnappeur en le panoramiquant. La bonne et la
mère se rendent compte de la disparition alors que la camera
panoramique vers la droite pour nous montrer deux voleurs tenant
un sac. Croyant que ce sont les ravisseurs, elles se mettent à
leur poursuite. « Le panoramique, dans ce film, établie
clairement que les individus poursuivis ne sont pas les véritables
coupables, ce qui aurait été plus difficile à
exprimer par le montage. Par conséquent, le panoramique implique
directement le spectateur dans le récit, lui faisant connaître
des éléments ignorés des protagonistes du film.
» (20)
Les spectateurs et cinéastes ont été
amené à penser le hors-champ à partir du montage
dans certains films clés du début du siècle
dernier dont « Life of An American Fireman » (Porter,
1903), qui est une vraie leçon de cinéma. La partie
dans le film qui est pertinente pour notre étude recouvre
les deux dernières scènes filmées de deux points
de vue différents. Dans une chambre, une femme et son enfant
sont pris aux pièges par les flammes. On voit d’abord
un pompier entrer par la porte de la chambre pour ressortir de la
fenêtre avec la femme sous ses bras, pour rentrer de nouveau
par la fenêtre et ressortir avec l’enfant. Deux hommes
arrivent par la fenêtre et éteignent le feu. Ensuite,
on revoit la même scène filmée de l’extérieur.
Nous voyons les pompiers arriver et puis tendre une échelle.
Un pompier sort de la fenêtre avec la femme sous ses bras,
rentre de nouveau et sort avec l’enfant. Deux pompiers monte
l’échelle et pénètre la chambre. Nous
voyons d’abord de l’intérieur ce qu’on
ne peut voir de dehors, et inversement, de dehors, ce qu’on
ne peut voir de l’intérieur. Ce film montre le non
vu et démontre que dans le champ filmique, l’action
continue. La chambre, et l’extérieur de la chambre
constituent un espace contigu défini par le « ici »
et le « là » termes employés par André
Gaudreault. Le montage alterne dans « Le médecin du
Château» permet une démystification de l’articulation
entre le « ici » et le « la ». Le potentiel
narratif nous est clairement explique, « ici » c’est
la femme et son enfant et « là » c’est
l’espace des pompiers. Dans la deuxième partie ou le
« ici » devient le « là », Porter
met en lumière la restriction du champ. Le spectateur, en
visionnant la seconde partie met en évidence ce qu’il
aurait assumer dans la première. Pour un spectateur des premiers
temps, c’est la genèse de la compréhension d’un
certain langage du vu et du non vu à partir du montage. Dans
ce sens, « Life of an American Fireman » est un film
innovateur.
Un autre exemple non moins intéressant en
rapport avec le montage est « Rescued by Rover » (Hepworth,
1905), un des multiples films qui à pour thème le
sauvetage de dernière minute très célèbre
et apprécié à l’époque. Un enfant
est kidnappé et Rover le chien retrace le chemin du kidnappeur
et retourne à son maître pour l’alerter. Toute
la séquence de sauvetage est filmée par un agencement
de plusieurs hors-champ, chaque plan étant une continuité
du plan précédant, le chien passe d’un côté
à l’autre du cadre en profondeur de champ pour rentrer
dans le plan suivant. Donc Rover passe, de « l’ici »
au « là » qui devient « ici » et
puis au « là » et ainsi de suite jusqu’à
arriver à destination. Le chien arrive à un «
là-bas » par une contiguïté de l’espace.
« C’est dans les articulations possibles entre un «
ici » et un « là », lui-même appelé
à devenir bientôt un « ici », que réside
une bonne partie du potentiel narratif du cinéma. »
(21)
« Des l’instant où les événements
présentés au sein d’un montage alterné
ne sont pas contiguës, l’enjeu dramatique ne se joue
plus seulement dans le prolongement spatial, mais davantage dans
le développement narratif.» (22) C’est le cas
même du film « Le Médecin du Château »
(Pathé, 1908) qui est l’histoire de deux malfrats qui
déjouent le père de famille, un médecin, lui
envoyant une fausse note venant soi-disant du propriétaire
du château. Apres son départ pour le château,
les deux hommes s’acharnent sur la maison et terrorise la
mère et le fils qui se cloîtrent dans le bureau du
médecin. La femme appelle son mari chez son patient qui arrive
avec du renfort pour sauver sa famille à la dernière
minute. Il existe dans ce film deux utilisations différentes
du hors-champ. D’abord le « ici » et le «
là » entre les malfaiteurs et la famille du médecin,
séparés par un espace contigu, mais aussi et surtout
le « là-bas » entre le mari et sa femme séparés
par un espace non contigu, communiquant par téléphone
dans un champ contre champ. La dynamisation du récit se fait
par l’articulation entre ces deux espaces retranchés
l’un de l’autre. Le film a un aspect théâtrale
vu le nombre d’entrées et de sorties des personnages,
et contrairement a la majorité des films a raccords de l’époque,
les personnages dans « Le Médecin du Château
» ne sortent pas d’un « ici » pour aller
directement vers un « la », mais ils semblent se déplacer
vers un là-bas. « C’est avec ce type de raccord
de direction, qu’intervient la première prise en compte
explicite de l’orientation psycho-physiologique du spectateur
» (23). Le son ou plutôt les sons imaginaires qui seraient
intra-diégétique brisent les frontières entre
champ et hors-champ. Effectivement, lorsque barricadée dans
le bureau, la femme tend l’oreille vers la porte, une mimique
qui indique au spectateur que les bandits sont dans la pièce
d’à côté.
Il est certain que le hors-champ des premiers
temps comporte des traces institutionnelles, mais ces configurations
ne sont pour la plus part du temps qu’intuitives, qui n’empêche
pas leurs possibilités théoriques. Le fil unissant
l’espace du champ à l’espace du hors champ s’est
fait par tâtonnement, par épreuves et erreurs. Il fallait
attendre le cinéma classique sonore, un cinéma qui
ne tend pas uniquement l’oreille pour achever pleinement l’expression
du hors-champ.
Bibliographie:
- Aumont, Bergala, Marie, Vernet. Esthétique
du Film. Nathan, Paris, 1983.
- Belloi, Livio. Poétique du Hors-Champ.
Revue Belge du Cinéma No 31, 1992
- Belloi, Livio. Lumière and his View, The
Cameraman’s Eye in Early Cinema. Historical Journal of Film,
Radio and Television. Oct. 1995
- Bonitzer, Pascal. Le Regard et la Voix. Paris,
Union General d’Editions, 1976
- Bordwell, David. La Saute et L’Ellipse.
Revue Belge du Cinéma No 22-23 p.85-90
- Burch, Noël. Nana ou les deux espaces. Praxis
du Cinéma.Gallimard, Paris. P.31-50
- Burch, Noel. La Lucarne de l’Infini. Paris,
Nathan, 1991.
- Deleuze, Gilles. L’Image-Mouvement. Paris,
Minuit, 1985
- Gartenberg, Jon. Les Mouvements de Camera : Dans
les films Produits par Edison et la Biograph. Cahiers de la Cinémathèque
No 29 Hiver 1979. p. 58-71
- Gaudreault, André et Jost, François. Le Récit
Cinématographique, Nathan, Paris, 1990.
- Gaudreault, Andre, Frank Kessler, « L'acteur
comme opérateur de continuité, ou: les aventures du
corps mis en cadre, mis en scène et mis en chaîne »,
Laura Vichi (dir.)The Visible Man: Film Actor from Early Cinema
to the Eve of Modern Cinema, Udine, Forum, 2002, p. 23 à
32.
- Morin, Edgar. Le Cinéma ou l’Homme
Imaginaire. Paris, Minuit. 1978.
- Perron, Bernard. The Transi-Sounds of Parallel
Editing. The Sounds of Early Cinema. Abel, Altman. Indiana University
Press, 2001. p. 79-86
- Perron, Bernard. Scène/Hors-Scene: L’alternance
dans « Le Médecin du Château” (1908). La
Firme Pathé 1896-1914. Paris : Association française
de recherche sur l'histoire du cinéma, 2004 p.165-176.
- Perron, Bernard. Au-delà du Hors-Champ : Le hors-scène.
Communication Vol. 13 No2. p.85-97
Notes
(1) Aumont, Bergala, Marie, Vernet. Esthétique du Film. Nathan,
Paris, 1983. p.15
(2) Perron, Bernard. The Transi-Sounds of Parallel Editing. The
Sounds of Early Cinema. Abel, Altman. Indiana University Press,
2001. p.82. (C’est moi qui traduis)
(3) Terme de Baudelaire désignant les passants et repris
par Livio Belloi dans un article : Lumière and his View,
The Cameraman’s Eye in Early Cinema. Historical Journal of
Film, Radio and Television.
(4) Gaudreault, André. Kessler, Frank. L’acteur comme
opérateur de continuité, ou: les aventures du corps
mis en cadre, mis en scène et mis en chaîne. P.4
(5) Belloi, Livio. Poétique du Hors-Champ. Revue Belge du
Cinéma No 31, 1992. p.3
(6) Bordwell, David. La Saute et L’Ellipse. Revue Belge du
Cinéma No 22-23 p.87
(7) Belloi, Livio. Poétique du Hors-Champ. Revue Belge du
Cinéma No 31 P.6
(8) Expression de Belloi emprunte à Méliès
pour expliquer l’homogénéité du plan.
(9) Morin, Edgar. Le Cinéma ou l’Homme Imaginaire.
Paris, Minuit. 1978. p.62-63
(10) Gaudreault, André. Kessler, Frank. L’Acteur Comme
Opérateur de Continuité, ou: les Aventures du Corps
mis en Cadre, mis en Scène et mis en Chaîne. P.4
(11) Belloi, Livio. Poétique du Hors-Champ. Revue Belge de
Cinéma No 31. p.5
(12) Aumont, Jacques. Esthétique du film. Nathan, Paris,
1985. p.19
(13) Bonitzer, Pascal. Le Regard et la Voix. Paris, Union General
d’Editions, 1976. p.17
(14) Dans son article ‘Les vues Cinématographiques’
publié en 1907, Méliès distingue globalement
quatre grandes catégories de “vues cinématographiques”
: les vues de plein air, les vues scientifiques, les sujets composés
et les vues à transformations
(15) Idem référence précédente.
(16) Gaudreault, André. Kessler, Frank. L’Acteur Comme
Opérateur de Continuité, ou: les Aventures du Corps
mis en Cadre, mis en Scène et mis en Chaîne. p.5
(17) Burch, Noël. Nana ou les deux espaces. Praxis du Cinéma.Gallimard,
Paris. P.36
(18) Bonitzer, Pascal. Le Regard et la Voix. Paris, Union Générale
D’éditions. 1976. p.16
(19) Deleuze, Gilles. L’Image-Mouvement. Paris, Minuit, 1985.
p.40
(20) Gartenberg, Jon. Les Mouvements de Camera : Dans les films
Produits par Edison et la Biograph. Cahiers de la Cinémathèque
No 29 Hiver 1979. p. 67.
(21) Gaudreault, André et Jost, François. Le Récit
Cinématographique, Nathan, Paris, 1990. p.87
(22) Perron, Bernard. Scène/Hors-Scene: L’alternance
dans « Le Médecin du Château” (1908). La
Firme Pathé 1896-1914. Paris : Association française
de recherche sur l'histoire du cinéma, 2004 p.167
(23) Burch, Noel. La Lucarne de l’Infini. Paris, Nathan, 1991.
p.201
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