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Qu'est-ce
que l'idéologie? ou Hollywood est-il vide d'idéologie?
Avant de se lancer plus en avant dans l'étude de l'idéologie
dans le système hollywoodien, il est de mise de se prémunir
d'une définition viable de la notion même d'idéologie.
Nous adopterons dans le cas qui nous intéresse ici l'appellation
qu'en fait Louis Althusser, telle que citée par Anne-Marie
Bidaud: «Une idéologie est un système (possédant
sa logique et sa rigueur propre) de représentation (images,
mythes, idées ou concepts selon le cas) doué d'une
existence et d'un rôle historique au sein d'une société
(p.13)». C'est ainsi que Hollywood, courroie de transmission
par excellence du mythique américain (le mythe étant
partie intégrante de la définition d'Althusser), tente,
depuis le début du siècle, de se définir comme
exsangue d'idéologie, nous présentant une vision «naturelle»
et offerte «telle quelle» du monde. Mais Hollywood est-il
vide d'idéologie?
Afin de se prémunir
contre tout risque d'effraction idéologique, les studios
travaillent à donner à leur cinéma un aspect
simplement industriel: «The exhibition of moving pictures
is a business, pure and simple, originated and conducted for profits
[...] Controversial pleading and the pursuit of theoretical and
experimental causes should have no place in the theatrical film
(Cour Suprême des États-Unis, [1915])» (Bidaud,
p.31). Par cette stratégie, Hollywood oppose de façon
directe les concepts d'idéologie et de divertissement, comme
si ces deux notions ne pouvaient être homogènes, alors
que le style transparent du «divertissement» rend naturelle
l'idéologie transmise et son imprégnation. C'est ainsi
que pour Bidaud, «ceux qui sont détournés n'ont
plus aucune idée de ce dont ils sont détournés»
(p.31). Elle poursuit: «Le public peut donc être tenu
pour co-auteur des messages contenus dans les films dans la mesure
où la vision de l'Amérique et la lecture du monde
que lui proposait le cinéma ont rallié ses suffrages.
Loin d'être un récepteur passif, il a contribué
à créer tout un jeu d'ajustements consensuels et de
compromis qui a permis à l'industrie de maintenir son pouvoir
avec l'assentiment de la plupart des spectateurs. [...] 'We would
consume these lies so avidly unless we needed them' [Michael Wood]»
(p.5).
C'est dire que sous le fard
de la transparence et du divertissement, l'Amérique trouve
en Hollywood le refuge et le moyen de diffusion idéal pour
son idéologie.
Le mythique et le
«American Dream»
Le cinéma américain, particulièrement le cinéma
hollywoodien, n'a de cesse de faire la promotion, en filigrane de
sa production, d'un rêve américain unificateur et idéalisant.
Mais quel est-il ce «American Dream», ce rêve
américain dont parle Wim Wenders et qui dessine les balises
de la production hollywoodienne? Serait-ce cet 'American Way of
Life' que Lise Pothier, dans son Histoire des États-Unis,
défini comme le mode de vie d'une société où
«la prospérité, le progrès, enivrent
toutes les classes sociales. Un effort de démocratisation
[l'accompagne], qui se manifeste d'abord dans la possibilité
pour tous de se procurer les biens de consommation»? (p.251)
Serait-ce l'effort de chacun pour arriver, par le chemin des pionniers,
à atteindre l'idéal américain, l'égalité
des chances pour tous et la célébrité?
Pour Bidaud, «l'idéologie
américaine s'exprime [...] d'abord sous forme de vision d'avenir,
de projet utopique, aux contours suffisamment vagues et flexibles
pour traverser l'histoire, tout en conservant permanent le désir
de se rapprocher au plus près d'une Amérique idéale»
(p.14). Cette idéologie utopique vient s'appuyer, du moins
dans le cinéma américain, sur la notion de «mythe»
qui tente de naturaliser une version de l'histoire dans l'inconscient
collectif américain afin de définir aussi bien le
passé des États-Unis (voir la presque intégralité
du Western américain, le genre mythique par excellence) que
son devenir. Pour Bidaud, «[les mythes] servent à transformer
en cosmogonie des événements expliquant la naissance
du pays, à le rendre irréfutable. Comme l'ont analysé
Claude Lévi-Strauss ou Roland Barthes, le recours aux mythes
est une forme de négation ou d'évaporation de l'histoire»
(p.14-15). Paul Warren renchérit en ajoutant qu'à
Hollywood, la technique n'est «jamais innocente et [...] son
invisibilité est la stratégie que prend le mythe pour
se faufiler dans le filmique et pour mieux parler en nous, comme
dirait Roland Barthes» [1989, p.55]. Le mythe devient donc
le moteur du rêve américain et de son idéologie,
alors que Hollywood constitue son fil conducteur idéal.
L'individualisme
comme structure de base de l'idéologie américaine
Plus que tout autre, le mythe de l'individualisme tempéré
sert de fer de lance au filmique hollywoodien. Il vient ainsi exalter
l'individu et sa poursuite du bonheur, dirigeant l'immigrant (l'Amérique
et Hollywood étant essentiellement des terres d'immigrants)
vers l'unité du héros américain, le modèle
WASP («White Anglo-Saxon Protestant»). Hollywood se
protège alors contre toute altérité qui viendrait
mettre en péril la cohésion nationale américaine
en dirigeant les masses d'immigrants dans les salles. En contrôlant
le hors-champ spectatoriel et en dirigeant l'Autre (la salle obscure)
à l'intérieur du champ par le «reaction shot»,
le filmique hollywoodien s'assure de la victoire du héros
populaire américain individuel, soulevé par la masse
et par les milliers de paires d'yeux qui l'ont élevé
vers l'héroïsme, vers le gros plan (voir l'exemple type
de MR. SMITH GOES TO WASHINGTON [Capra, 1939]). C'est ainsi que
si le cinéma révolutionnaire d'Eisenstein se refuse
au reaction shot individualiste en utilisant l'individu comme faire-valoir
du 'héros-masse' qui constitue le véritable personnage
de ses films (Cf.: LE CUIRASSÉE POTEMKINE [1927]), Hollywood,
au contraire, s'assure de l'adhésion des masses en utilisant
la foule comme 'reaction shot' au héros. Bref, où
Eisenstein utilise l'individu au service de la fo , Hollywood exploite
la foule au service de l'individu «grosplanisé».
L'individualisme sert donc
l'uniformisation du melting pot américain vers l'idéal
du WASP pour éviter l'anarchie. La masse immigrante, «l'Autre»,
est ainsi intégrée à même le champ lumineux
à côté de la vedette américaine WASP.
Le spectateur vient par le fait même mythifier le héros
individuel et devient son égal et son complice. Et le tout
est des plus probants lorsque mis dans le contexte de l'âge
d'or des studios d'Hollywood, alors que la majorité des cinéastes
et producteurs (Capra, Wilder, Selznick...) à la source de
ces films étaient eux-mêmes des immigrants recherchant
cette cohésion nationale et devant la transmettre et l'entretenir
afin de pouvoir s'intégrer à leur nouvelle société
et éviter d'en devenir le paria. La star joue alors un rôle
prépondérant dans cette intégration et cette
homogénéisation «xénophobe» du
melting pot, conduisant les altérités multiples en
une identité unique. L'orchestration complexe du regardant
à l'écran y prend toute son importance puisque l'identification
à un individu devient une nécessité vitale
afin de faire converger les regards de l'Autre vers un idéal
utopique où l'identification est tellement élevée
qu'elle permet à la masse hétérogène
de se fondr n un tout homogène expulsant toute divergence
(Warren, p.30).
Aussi, appuyé par
l'idéologie de la poursuite du bonheur individuel de la Déclaration
d'Indépendance, droit aussi tangible et inviolable que la
sacro-sainte liberté d'expression du premier amendement,
Hollywood vient, par sa narration, légitimer le capitalisme
américain et offrir une relecture de l'individualisme matérialiste
comme idéal à atteindre (voir, par exemple, la chanson
des diamants, interprétée par Marilyn Monroe dans
GENTLEMEN PREFER BLONDES [Hawks, 1953]). Et si pour Anne-Marie Bidaud
le bonheur est un état fugace, impossible à cerner
et variable selon les époques et les cultures - si les stoïciens
en font «la disparition de tout désir» - les
Américains, eux, s'approprient «la poursuite du bonheur»
inscrite dans la Déclaration d'Indépendance comme
étant associée au «progrès», dans
une perspective dynamique et corrélative à la propriété
matérielle. Ce bonheur devient alors un «droit»
que tente de légitimer le cinéma. Il s'agit de l'élévation
du «American Way of Life» comme modèle suprême
de la liberté et de la démocratie: comme appât
à l'homogénéisation des masses.
Capitalisme, propagande
et acculturation
C'est ainsi qu'en se refusant aux altérités multiples,
Hollywood s'assure non seulement de son succès, mais également
de l'acculturation des masses afin de maintenir la cohésion
du melting pot américain. Mais la masse servant généralement,
dans le filmique américain, à mythifier le héros
individuel, Hollywood affiche alors inconsciemment les propres contradictions
de l'Amérique capitaliste puisque cette mythification individuelle
vient diamétralement s'opposer au culte du travail, de l'austérité
et de l'égalité des chances et des individus. C'est
ce que Bidaud appelle «les contradictions culturelles du capitalisme»
(p.156). Et comble de l'incohérence et des contradictions:
«Lorsqu'ils servent à définir des catégories
ethniques à l'intérieur des États-Unis, les
stéréotypes révèlent une tension entre
les idéaux théoriques et une pratique tendant à
préserver le «statu quo», aussi inique soit-il.
La représentation des non-Blancs dans le cinéma hollywoodien
est ainsi la preuve patente d'un désir de justifier des inégalités
évidentes dans une société qui prône
officiellement l'égalité» (p.209).
C'est dire que pour Hollywood,
le bonheur constitue une valeur mesurable et quantifiable par des
objets représentatifs du confort à atteindre, illustrant,
comme le notait Tocqueville, la volonté des sociétés
démocratiques de s'accaparer toujours plus de bien-être
comme résorption des fatalités sociales et égalisation
de tous les destins. À Hollywood comme aux États-Unis,
le bonheur n'est donc mesurable qu'en argent et en produit de luxe
(d'où l'accueil mitigé d'un film comme CITIZEN KANE
d'Orson Welles qui, dès 1941, s'efforça de déconstruire
cette idéologie capitaliste). Le film devient un objet de
consommation, un produit industriel servant d'excroissance au 'American
Way of Life' et à l'homogénéisation des différences.
Par ce procédé, Hollywood s'assure de naturaliser
une présence du réel comme simple reproduction mécanique
et objective, sans idéologie apparente ni manipulation subjective
de la réalité. Il place ainsi le spectateur en position
d'ubiquité devant une image industrielle et objective d'un
réel qui s'offre à lui, comme s'il pouvait le contrôler.
Mais il s'agit bel et bien d'un réel banalisé et simplifié,
où toutes les clés lui sont offertes gratuitement
au profit du divertissement et de l'idéologie. Tout est organisé;
tout à un sens. Le hasard n'existe pas, le fantasme et l'inconscient
sont obsolètes et le modèle rationnel et industriel
l'emporte. 1+1=2: le spectateur est rassuré dans ce monde
fictionnel qui ne renvoie qu'à lui-même et qui console
la salle obscure de la morosité de sa propre réalité.
On nous y présente une image embellie et explosive du monde,
une «représentation cosmétique» où
la banalité du quotidien, qui constitue pourtant la trame
principale de notre vie, est évacuée. Ce qui fait
dire à Dominique Noguez que «ce qui est désormais
à prévoir, ce n'est pas que le cinéma reflète
enfin la réalité, c'est que la réalité
se mette de plus en plus à ressembler au cinéma»
(Warren, p.33). C'est le réel comme objet consommable, comme
illusion institutionnalisée par les règles des genres
filmiques.
Ne serait-ce d'ailleurs pas
dans l'invisibilité de la narration que ce réel fabriqué
arrive au niveau le plus élevé d'idéologisation?
En effet, «c'est lorsque la technique a atteint son plus haut
degré d'invisibilité que le pouvoir du cinéma
est le plus grand. À la plus grande invisibilité technique
correspond la plus grande invisibilité idéologique,
la plus forte «idéologisation» du spectateur.
Mieux, au degré zéro de l'écriture cinématographique
correspond le degré le plus élevé de manipulation
idéologique» (Warren, p.72-73)
C'est dire que malgré
ce que puisse en dire la Cour Suprême de États-Unis
ou les états majors de la MPAA (Motion Picture Association
of America), le système hollywoodien n'est pas vide d'idéologie
mais constitue probablement le plus efficace objet de propagande
jamais pensé, cachant son propos idéologique derrière
le fard de la transparence et du divertissement. Il est alors possible
d'affirmer que la conviction (entretenue par Hollywood) qu'a la
nation américaine de la supériorité de son
modèle assure l'intérêt grandissant qu'a manifesté
et que manifeste toujours l'industrie et la politique pour la diffusion
internationale de leur cinéma. Loin du simple souci de rentabilité
(du moins jusqu'aux années 1960), l'industrie hollywoodienne
a toujours, en effet, travaillé à exporter son modèle
hors de ses frontières, tant sur le plan économique
qu'idéologique. C'est ainsi que des cinéastes aussi
réactionnaires que Steven Spielberg ou George Lucas poursuivent
leurs expériences du rêve américain en exportant
en surdose, par leurs «films-événement»,
le mythique américain comme étant là devant
soi et comme modèle à imiter. On n'a qu'à penser
à l'héroïsation de l'armée américaine
dans SAVING PRIVATE RYAN (Spielberg, 1998) ou, de façon guère
p subtil, dans les combats des résistants («patriotes»)
de STAR WARS (Lucas, 1978) contre l'armée machiavélique
et tyrannique de l'étoile noire, mythe fondateur servant
de modèle à une pléthore de film hollywoodien
à grand spectacle, dont un nombre incalculable de péplums
antiques et de fresques historiques (dont le BRAVEHEART [1995] de
Mel Gibson représente certainement l'exemple moderne le plus
probant).
Hollywood devient ici l'outil
d'impérialisme idéal pour un empire américain
qui, contrairement à l'empire romain, s'étend non
plus territorialement mais économiquement, diffusant la propagande
de son modèle par les communications, et principalement le
cinéma. Les films de paranoïa communiste afférents
à la guerre froide américano-soviétique (ROCKY
IV [Stallone, 1985], RAMBO II [Cosmatos, 1985] et toute une série
de films de science-fiction de série B) en sont certainement
les exemples les plus évidents. Dans ces circonstances, il
n'est pas étonnant d'entendre Eric Johnston, deuxième
président de la MPAA et digne successeur de William Hays,
déclarer: «Our films show these new countries, now
vulnerable to Soviet penetration, that there is a basis for hope
and economic growth through free institutions. To these countries,
the motion picture presents the American dream» (Bidaud, p.166).
De ces constations, il n'est
pas exagéré d'affirmer que ne sont maintenant qu'évidences
toutes ces marques faisant de Hollywood le moyen de diffusion majoritaire
de l'impérialisme culturel américain et de son acculturation
internationale, au-delà du melting pot américain:
l'Amérique ayant depuis longtemps compris que la domination
économique passe par l'acculturation et l'asservissement
de «l'Autre» au modèle de «l'American Way
of Life». En camouflant cette propagande derrière le
fard de l'industrie, du divertissement et du patriotisme, l'efficacité
de ce modèle n'est que décuplée. C'est dire
que pour Darryl Zanuck, producteur du JOUR LE PLUS LONG (une reconstituion
du débarquement de Normandie), la propagande prend un autre
visage que celui du patriotisme: celui du divertissement. Il en
dit: «Si vous avez quelque chose à dire qui en vaille
la peine, faites-le en enrobant votre propos dans l'habit brillant
du divertissement et vous trouverez un marché tout prêt
[...] Un film de propagande auquel manque ce côté divertissant
ne vaut rien [1943]» (Bidaud, p.105).
Conclusion : ou le
devenir américain
C'est ainsi que pour devenir un véritable Américain,
l'Autre doit rejeter progressivement sa représentation du
monde pour adhérer au modèle indispensable d'allégeance
à l'américanisme. Le film nous invitant alors à
adopter de nouvelles valeurs et à rejeter les nôtres.
Le mythe de la Destinée manifeste, selon laquelle la nation
américaine serait un peuple élu de Dieu ayant le devoir
de soumettre l'Autre à son modèle civilisateur, vient
non seulement appuyer cette uniformisation internationale à
la culture économique américaine, mais vient en plus
la légitimer: «Toute culture, toute idéologie,
est spontanément ethnocentrique et se considère comme
modèle de référence servant à étalonner
les autres. Ce phénomène est exacerbé aux États-Unis
depuis des siècles. [...] Dès les origines, ce sentiment
de supériorité s'appuie sur ce que l'on appelle l'exceptionnalisme
américain, le sentiment nourri par les habitants des États-Unis
que leur pays ne relève pas des analyses applicables aux
autres - notamment l'Europe - parce qu'il échappe aux normes
communes [du fait qu'ils n'ont connu ni les déchirements
du féodalisme, ni les révolutions sociales]»
(Bidaud, p.121).
Et le «happy end»
vient boucler le tout en offrant au film et à son idéologie
une conclusion rassurante servant l'infantilisation et l'assimilation
idéologique du plus borné parmi les masses à
atteindre (Chevrier, p.254). Le cinéma hollywoodien ferme
alors tout discours sur la réalité pour orienter le
spectateur vers «sa» réalité, vers une
«réalité cosmétique» qui le rassure
quant à la sécurité et aux bienfaits que puisse
lui apporter le modèle américain.
L'empire nie les frontières»
écrivait Pierre Perrault dans La grande allure. «Ainsi
accède-t-il à l'universel». Ainsi se nourrit-il
de la décomposition de l'Autre. Et malgré le discours
optimiste de certain sur l'avenir des cinémas nationaux sous
l'hollywoodisme, force est d'admettre que le cinéma américain
d'aujourd'hui, ayant depuis plus d'une vingtaine d'années
passé sous l'emprise des conglomérats industriels
et de leur recette du film-événement et des méga-complexes
d'exclusivité, est loin de perdre sa vitesse de croisière...
Bibliographie sommaire
:
-BIDAUD, Anne-Marie, Hollywood et le rêve
américain. Cinéma et idéologie aux États-Unis,
Paris, Masson, 1994, 248 pages.
-BORDWELL, David, Narration in the Fiction Film, New-York, The University
of Wisconsin Press, 1985, 370 pages.
-BORDWELL, David, STAIGER, Janet et Kristin THOMPSON, The Classical
Hollywood Cinema. Film Style and Mode of Production to 1960, New-York,
Columbia University Press, 1985, 506 pages.
-WARREN, Paul, Le secret du Star System américain. Une stratégie
du regard. Essai., Montréal, Éditions de l'Hexagone,
1989, 204 pages
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